L'AUSTÉRITÉ N'A PAS PERMIS DE DIMINUER LA DETTE GRECQUE

Je suis la discussion à ce sujet, malheureusement d’actualité pressante et si on en croit les médias, angoissante.

Les différentes contributions dans divers forums de Pierre-Yves Le Borgn' , Benoît Gervais et Clay René et d’autres camarades du Parti socialiste et d'autres partis de gauche me semblent toutes très intéressantes et je ne peux m’empêcher d’apprécier la recherche réelle d’une solution pour le peuple grec dont les éléments fragiles et non-nantis ont encore devant très peu d’espoir.

Je suis choqué de voir, mais sans doute n’avons-nous qu’une information très parcellaire de la réalité de la situation, que l’on ne parle plus dans les médias à l’extérieur de la Grèce des armateurs, de l’église et des hauts salaires; si ce n’est quelques interviews où des Grecs à haut revenu expliquent sans vergogne qu’ils sont prêts à quitter la Grèce s’ils devaient payer des impôts. Je mets ci-dessous un texte modeste que j’ai mis sur Facebook et différents réseaux. C’est ensemble que nous pourrions exercer un tant soit peu de pression sur notre gouvernement pour qu’il aille dans le sens d’un effacement total ou en grande partie de la dette grecque. Il ne s’agit plus d’idéologie mais de pragmatisme en cette soi-disant dernière tentative de règlement.

L’AUTÉRITÉ N’A PAS PERMIS D’EFFACER LE NIVEAU DE LA DETTE GRECQUE

L’heure est venue de faire face à la réalité, quelque soit l’opinion que l’on ait de la situation : aucun niveau d’«austérité» ne permettra à la Grèce de rembourser sa dette. Comme cela a déjà été fait dans des situations similaires, comme l’Allemagne après 1945, ne serait-il pas opportun d’examiner sérieusement un plan dont l’une des composantes inclurait l’effacement de la dette grecque; et du même coup permettre à la Grèce de redémarrer sur des bases nouvelles? Dans un redémarrage, le gouvernement grec n’aurait plus d’excuses pour éviter d’imposer fortement les hauts revenus, les armateurs et l’Église grecque; ces groupes ayant jusqu’à présent prétendu que les « taxer » ne servirait qu’à précipiter encore la chute de la Grèce. Une coopération à l’échelle de l’Union européenne et de l’Eurozone pourrait être mise en place pour rechercher les fraudeurs et exilés fiscaux.
Le gouvernement grec se retrouverait alors dans une position de force qui lui permettrait de revendiquer qu’il a protégé le pays, les populations les plus vulnérables ainsi que les retraites et le service de santé. L’Eurozone, d’autre part, y gagnerait en autorité pour avoir été en mesure de trancher dans le vif et avoir fait preuve d’autorité et de véritable leadership.
Il est clair qu’un effacement de la dette grecque comporterait des coûts pour les pays de la zone euro, encore que ceci est loin d’être démontré, mais ce coût serait négligeable face au désordre économique, politique et psychologique à la suite d’un défaut grec.

Henry Leperlier, européen de nationalités française et irlandaise
Conseiller consulaire
Secrétaire de section de Dublin

(ci-dessous un article assez révélateur sur les procédures de négociation où il apparaît que les ministres de certains ne sont pas tenus au courant par la Troïka et arrivent donc aux réunions de négociations avec peu d'informations sur les discussions en cours — en anglais, désolé).

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