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Billet de blog 6 févr. 2018

Les médecins et les banques

En juin 2016, Terra Nova a présenté ses propositions pour "sauver le bac". En pointant la lourdeur du cérémonial national, nous proposions une refonte complète des deux dernières années du lycée.

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En juin 2016, Terra Nova a présenté ses propositions pour "sauver le bac". En pointant la lourdeur du cérémonial national, nous proposions une refonte complète des deux dernières années du lycée.

(notre sous-titre : "quatre semestres pour certifier et orienter") afin de mieux préparer nos jeunes à l'enseignement supérieur. Le ministre de l'Éducation nationale a annoncé sa volonté de réformer le baccalauréat et a mandaté une commission de réflexion présidée par Pierre Mathiot pour lui faire de recommandations. Après avoir été auditionnés par cette commission, ses auteurs ont souhaité apporter un complément aux réflexions de 2016 sur la réforme du bac, en soulignant en particulier la nécessité d'introduire une part significative de contrôle continu dans la validation des années de lycées. C'est un point clé de la réforme, sans lequel on risque en effet d'alourdir encore plus le baccalauréat actuel, et de gaspiller ainsi de précieuses ressources institutionnelles, sans vraiment rompre avec un "bachotage" complètement contre-productif du point de vue des apprentissages et de la formation.

Quelle est cette soif de renouvellement et de révolution qui s’empare de la France à la veille d’affronter une concurrence sauvage menée par des forces alliées en des organismes gigantesques cherchant à se déployer sur les fronts du commerce en ligne si ce n’est du commerce tout court ? Regardez la publicité visible sur les listes qui cherchent à attirer des clientèles diverses et variées sous prétexte de reconstitution, de modernisation, de recomposition sous le prétexte irréprochable de rapports financiers insuffisants, de modernisation indispensable, de rendements négatifs. Tous les regards se portent sur des affaires qui seraient en train de péricliter parce qu’ayant pris trop d’années inutiles, de ne pas avoir su prendre en temps voulu le train de la modernisation , du renouvellement, de nouvelles orientations économiques, financières capables de sauter le pas de la révolution des méthodes de gestion,  d’organisation non de la société mais des sociétés laissées progressivement à l’abandon parce que tel dirigeant n’a pas eu les yeux assez attentifs, le regard assez aiguisé pour sauter le pas de la modernisation. Le tout habillé d’un jargon à faire frémir de sidération un peuple désemparé par autant de remue-ménage propre à faire tomber de la selle les cavaliers les plus chevronnés pour qu’ils s’allongent aux pieds des soubrettes qui ne comprennent rien à ces mouvements soi-disant vitaux pour la bonne santé des entreprises qui sont devenues le fin mot des relations sociales. Pendant que les lampions de la médecine et des sciences s’éteignent, ceux des métiers du don à l’autre périclitent à l’instar des territoires en voies de désertification médicale, humaine, où les rares prétendants à l’occupation de professions honorables et honorées se comptent par dizaines et non par milliers si les proportions des aidants dans l‘espace public et privé étaient respectées. Regardez les publicités qui concernent les espaces disponibles pour les arrivants aux départements de formation des nouvelles professions. Ils ne devraient être attirés que par les métiers du numérique qui remplacent les âmes par des chiffres et des nombres. Leur indigence confine à l’inappétence sinon à la nausée et aux vomissements. Cette saturation est-elle susceptible d’exciter la voracité des apprenants qui ont d’autres chats à fouetter que ceux qui se promènent en Chine pour servir d’appâts aux fringales des populations à la recherche de la moindre pitance, y compris celle du gibier constitué par les félins ambulants à la recherche de toute protéine assimilable. Pendant ce temps les caissières sont en voie de disparition au point de considérer qu’elles pourraient quitter leur emploi pour être versées dans les stocks des robots devenus inutiles pour cause de neutralité de gout et d’indifférence aux sensations gustatives élémentaires. Quels nouveaux capteurs faudra-t-il imaginer pour équiper ces nouveaux monstres des dispositifs électroniques capables de distinguer l’aigre du sucré et l’amer du salé ? Les pauvres robots auront bien du mal à différencier les saveurs offertes par les nouvelles sociétés des fabricants de biens de consommation, surtout quand ils sont alimentaires. A moins de ne plus avoir pour choix que les produits des grandes compagnies qui n’auront pour caractéristiques que de minimes différences entre les paquetages de Toyota et de Mitsubishi. D’ici là nos éducateurs auront eu le temps de différencier les résultats des contrôles de connaissance entre les Finlandais, les Coréens et les Japonais. Sans passer par les filtres des correcteurs anglo-saxons ou russophones ?         

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