Les faces cachées du Grexit
Quelles idées?
Derrière les mots, se cachent des idées. Ce que tout le monde a en tête depuis que la Grèce menace de s’en aller, c’est la contagion que cette décision risque de provoquer au sein d’une Europe qui a de plus en plus peur de se dissoudre dans le Grexit. On sait que le mimétisme constitue un des principes fondamentaux du comportement humain avant d’avoir été exploité par les primates. L’apprentissage repose sur ce principe. Imiter d’abord, créer ensuite, tel pourrait être le leitmotiv de tous les enseignements et les clés de leur succès. La peur, sinon la terreur règne dans une union européenne qui craint la désunion d’autant plus qu’elle ne sait comment réagir à la provocation de la Grèce, cette vieille ciilisation qui avait enseigné tant de choses au monde.
Peur ou panique
D’une certaine manière, elle fait peur tant on pense qu’elle a plus d’un tour dans son sac et qu’elle sait en appliquer un grand nombre au risque de faire tourner les têtes et avec elles des idées, des inventions pour entrainer les autres vers l’abîme mais aussi dans des traquenards dont il sera impossible de sortir. Du guet-apens à la persécution, il n’y a qu’un petit pas que René Girard, chantre du bouc émissaire, ou son adorateur, on ne sait, franchit allègrement pour expliquer comment passer de la seconde à la conformité à l’ordre social que seule la parole est en mesure de mettre en oeuvre pour échapper à la sanction, la retarder sinon en amadouer les instigateurs.
Rôle de la parole
C’est cette parole qui se montre capable d’échapper à la fatalité du mal. Regardez la durée incommensurable des négociations à props des prêts à la Grèce ou à l’envers de ses emprunts et des conséquences qu’auraient à supporter les investisseurs potentiels ou réels. La maitrise dans l’organisation de ces palabres permet d’éviter le pire ou d’en menacer les négociateurs. A cette leçon, il y a de nombreux élèves qui assistant médusés, aux arguments des uns, aux plaintes des autres, aux évocation historiques des troisièmes. A chacun de rapporter de ces tables de discussion les leçons apprises, celle de l’importance du désir mimétique. L’homme ne serait jamais à la source de son propre désir qui émane toujours d’un tiers médiateur constitué à la fois comme modèle et comme rival. C’est celui qui se place dans le triangle d’où jaillit le désir de ce qu’un autre désire, chimie particulière qui explique la permanente concurrence entre les hommes et rend compte de l’éternelle violence dont sont pétris les rapports entre les hommes.
Victime sacrificielle
Le sacrifice se présente comme un chose très sainte dont on ne saurait s’abstenir sans négligence grave ou comme un crime qu’on ne saurait commettre sans s’exposer à des risques graves. La victime, en tout cas, a un caractère sacré parce qu’on veut la tuer mais ne le serait pas si on ne la tuait pas. « Si le sacrifice apparaît comme violence criminelle, il n’y a guère de violence en retour qui ne puisse se décrire en termes de sacrifice, dans la tragédie grecque, par exemple », écrit René Girard. Nous y voilà bien, dans la tragédie grecque avec ses acteurs habituels, devenus classiques depuis que cette littérature est enseignée et que le grand public s’est emparé de ces mythes.
Des animaux aux héros
Nous voilà prêts à accueillir les héros de ces meurtres, les victimes de ces pressions exercées sur les plus faibles, les animaux dans certains cas, les héros déchus dans les autres. Les Grecs ne peuvent échapper à ces catégorisations même si elles ont défrayé la chronique par la notoriété de certains de leurs héros à l’instar d’Ajax ou d’Achille, d’Oeudipe ou de Médée, dont la réplique moderne s’appelle la Callas, aujourd’hui, Cipras demain. A nous d’écouter les chants de ces sirènes, d’en apprécier la mélopée et d’en savourer la douceur en contrastée par le caractère sanguinaire du meurtre rituel.