Après un mois de confinement en France

Nous continuons d’être enfermés, et sans savoir ce qu’il va se passer. Nous sommes sur un navire sans capitaine, sans le minimum nécessaire pour affronter le virus, car il n’y a même pas de masques. Ni de blouses pour les médecins et les infirmières...

A 20 heures, je n’ai pas applaudi une seule fois. J’ai même honte de le faire pour ceux qui sont en première ligne : applaudir leur travail est bien, mais ils continuent d’être mal payés et le pire, ils sont sans moyen pour affronter une telle crise où ils risquent leur vie. Et nous ne faisons pas pression sur ceux qui devraient les leur fournir.

Tout comme il n'y a aucune volonté d’améliorer les conditions de vie de ceux qui transportent et vendent des aliments, ni des éboueurs (que ferions-nous sans ce service fondamental et invisible) !!

Mais avançons ! Sans savoir où nous allons, hormis le fait d’être enfermés. Comme le dit le proverbe : nous ne savons pas où aller, mais essayons d’arriver les premiers !!

Le confinement dans de petits appartements, qui a déjà provoqué une augmentation de la violence familiale de 40 %. Là où trois enfants doivent faire leurs devoirs sur un seul ordinateur, quand y en a un.

La France, on l’a timidement admis, est un pays du tiers-monde en terme de services de santé, alors qu’elle est la cinquième économie du monde et le troisième exportateur d’armes…

Le fait de savoir qu’il n’y a pas de capitaine ni de plan concret pour affronter le mal, pèse lourdement sur l’état d’esprit des majorités. Il n'y a rien qui tue plus que l'impuissance, à tous égards.

Et c'est ce qui emmerde en ce moment : L'incompétence d'un gouvernement, d'un État. D'un État dont le système de santé a été détruit au profit de quelques millionnaires.

Et la presse qui se tait ou qui manipule le nombre de morts et la réalité globale du problème. Grand complice de cette grave situation.

L’immense majorité de morts dus au virus sont des crimes car ils auraient pu être évités.*

Et les grands hommes d’affaires n’ont ouvert leurs bouches d’exploiteurs que pour dire que les travailleurs devaient donner leurs jours de congés payés. Car ce confinement est comme des vacances, disent les grands patrons. « Travailler un peu plus », pour compenser leurs pertes de bénéfices. Sans rappeler qu’eux et leurs politiciens sont les responsables de la destruction des systèmes de protection sociale à leur propre profit. Pour engraisser leur capital, qu’ils envoient ensuite dans les paradis fiscaux.

J'ai le pressentiment que bientôt les gens vont commencer à sortir dans la rue, parce qu'ils ne peuvent plus supporter un enfermement dont on ne sait rien.

Normalement, c’est dans ces moments qu’apparaissent des leaders spontanés. C’est dans ces moments que ceux de gauche devraient montrer la voie qu’il ont tant dit que l’on devait prendre. C’est le moment de cesser critiquer et de se plaindre, continuellement, du gouvernement, et de proposer, de guider, d’orienter. Le peuple les suivrait sûrement, face à la vacuité de l’État.

Mais, rien. Aucun parti de gauche ici, pas même Mélenchon, le dirigeant le plus médiatique. Il est à peine sorti pour dire deux mots, ce qui n’a pas montré le chemin non plus.

Heureusement, l’extrême droite est aussi sans réaction.

Et le mécontentement est immense. Presque personne ne croit Macron. Déjà ses ministres ne parlent plus car ils disent le contraire de ce qu’ils ont dit précédemment, ou ne disent rien. Pire encore : ils mentent de façon flagrante ou contredisent Macron, qui s’est déjà beaucoup contredit ou a menti. Ils parlent beaucoup mais ne disent rien car ils ne savent que dire !

C'est pourquoi, à cause de la colère qui monte et qui s'amplifie dans la majorité, ce sont les systèmes répressifs qui se préparent déjà, pour le jour où les gens pourront retourner dans la rue en masse, parce que qu’il est certain que le système sait comment se défendre.

* Aujourd’hui, 15 avril, selon les rapports officiels, 15 729 personnes sont mortes du CoronaVirus en France


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