Journaliste, j'ai porté plainte pour usurpation d'identité

Au cours de l'enquête #Metoogay: des jeunes mannequins brisent un tabou, publiée le 7 mai 2021, et que j'ai menée avec la journaliste Yasmine Sellami, mon identité a été usurpée sur au moins un site de rencontres.

Le 21 avril dernier, après plusieurs semaines d'enquête – l'article coécrit avec Yasmine Sellami et publié par Mediapart s'intitule « #MeToogay: des jeunes mannequins brisent un tabou» – et 11 jours après l'entretien que nous avons eu avec le photographe Stéphane Gizard, j'ai remarqué plusieurs messages étranges reçus sur mon compte Instagram. Plusieurs jeunes hommes m'avaient récemment suivis et certains d'entre eux m'avaient contacté.  « Re » écrivaient-ils, sous-entendant des conversations passées.

Après quelques questions à ces personnes qui m'étaient inconnues, j'ai appris qu'elles avaient été redirigées vers mon compte Instagram par le biais d'un compte usurpant mon identité sur l'application de rencontres gay Grindr.

Ce profil, dont j'ai pu retrouver la trace, utilisait des photos trouvées sur mes réseaux sociaux publics et sur mon site internet. Avec pour seule description, le jeu de mot douteux « photographe mais pas queue » et un lien vers mon profil Instagram.  Ce profil a été actif au moins une nuit. Deux des jeunes hommes contactés par ce faux profil ont affirmé avoir reçu des photos à caractère sexuel, envoyés par ce compte.

Suite à ces faits, j'ai porté plainte auprès du procureur de la République, et contacté le service juridique de l'application Grindr qui a été en mesure de retracer ce compte, le bloquer, et consigner les informations personnelles y étant liées. Ma plainte suivra donc son cours, enrichie des éléments qui seront transmis par l'entreprise américaine aux services de police et de justice qui en feraient la demande.

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