DISINFO.LAB ET BENALLA. DE BONNES FEES SUR SON BERCEAU

Il n'y a pas de vérité, il n'y a que des croyances en la vérité, et la croyance ça se fabrique, si ce n'est pas vous qui le faites ce sont vos ennemis. Bienvenu en Transmacronie.

DISINFO.LAB, DE BONNES FEES SUR SON BERCEAU

Disinfo Lab, cette ONG domiciliée à Bruxelles mise en cause pour l'amateurisme (au minimum) de sa méthodologie dans l'étude sur l'activité des réseaux sociaux sur l'affaire Benalla, puis sur son extrême légèreté éthique avec la mise en ligne de listes nominatives de proximité politique est pourtant un plus qu'une bande de trois pieds nickelés promue par le désir de la macronsphère de prouver que l'affaire Benalla n'était qu'une tempête dans un verre d'eau, agité artificiellement par des oppositions diverses et coalisées. Un indice unique mais à sa façon suffisamment convergent permet d'en juger. Il s'agit d'un petit atelier de travail organisé par nos trois apprentis vigiles de la Toile afin de discuter en petit comité, 25 personnes réunies sans chichis le 14 septembre 2017 à Bruxelles, des meilleures manières de débusquer les fake news. C'est à la mode et il y a des places de marché à prendre pour les jeunes Rastignac de Bruxelles. Un peu de débrouille permet d'aligner quelques sigles prestigieux, divers organismes liés à l'Otan et à la Commission Européenne, et hop on se gonfle les plumes. Puis patatatrac ... Mais à observer plus attentivement la liste des intervenants, on ne trouve pas seulement quelques ambitieuses et ambitieux en voie de spécialisation dans la police scientifique de la toile, quelques sentinelles de la ligne Maginot dressée sur le front russe, quelques représentants de la faune lobbyiste bruxelloise.

Plusieurs noms attirent l'attention et indiquent que de hautes autorités de la grande affaire du XXIe siècle, la guerre numérique et ses services de contre-information et de désinformation, se penchent sur la jeune pousse. Les autres le font alors on le fait. Vive le néo-journalisme. Daniel Fazekas, dont le nom est simplement accolé à ce qui semble un sigle de boite internet comme il y en a des millions, fut pendant des années le directeur de l'ESOMAR l'association professionnelle internationale des entreprises d'étude de marchés, association qui édicte des normes de bonne pratique validées par la Chambre de commerce internationale. Une de ces grandes institutions de la globalisation, sources de normes qui deviennent du quasi droit bien qu'elles soient fabriquées par des acteurs privés de façon totalement collégiale. Fazekas n'a pas été licencié mais s'est lancé dans des affaires d'avenir. L'étude de marché, ce n'est pas seulement de la science, c'est surtout de l'action sur les consciences. L'américain Brady Hills, lui, semble être le lobbyiste pour l'Europe de l'International Republican Institute, le réseau d'influence mondial spécifique du parti Républicain. Pour en souligner l'importance, pendant des années John McCain en fut le patron. Et Madeleine Allbright son pendant côté démocrate. Il faut préciser que L'IRI est désormais en grand froid avec Donald Trump que le nouveau patron de l'IRI, Daniel Twinning, déteste. C'est peut-être pour cette raison que Steve Bannon, le conseiller d'ultra droite de Trump a émis l'intention de venir à Bruxelles monter un centre d'influence pour contrer l'IRI, désormais passé à l'ennemi. Enfin pour terminer Denis Teyssou, vieux routier de l'AFP, qui dirigea le Médialab de l'AFP, destiné à explorer les voies de l'adaptation de la vieille maison aux nouveau monde numérique et qui puisque le monde est vaste et plein d'opportunités, dirige le News Lab de Google en France. Il n'y a pas de vérité, il n'y a que des croyances en la vérité, et la croyance ça se fabrique, si ce n'est pas vous qui le faites ce sont vos ennemis. Bienvenu en Transmacronie.

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