Des élections municipales

Il est étrange que Machiavel soit associé au "mal" en politique. Il ne faudrait pas retenir que le Florentin soit un apôtre de la violence d'Etat et du coup bas politique. Rousseau, Gramsci, Lefort... et quelques autres trouveront dans son"Prince" ou ses "Discours" le père du réalisme politique. Mais plus encore Machiavel est un authentique défenseur de la démocratie et de la res publica. Pour s'en convaincre il suffit de lire ou relire le chapitre LVIII du premier livre des Discours intitulé : "Qu'un peuple est plus sage et plus constant qu'un prince". Il ne s'agit pas d'un plaidoyer pour le plébiscite et encore moins d'une robinsonnade mais bien d'une analyse rationnelle du fonctionnement d'une république quand il s'agit de décider d'un avenir commun. En ces temps d'élection municipale certains petits princes vissés sur leur chaise curule devraient méditer ces quelques leçons puisqu'ils ont, comme chacun sait, une certaine idée de la "démocratie" chevillée au corps.

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