Communiqué des Six de Haguenau

Les « Six de Haguenau » ont été condamnés par la justice pour avoir participé aux initiatives prises sur Haguenau lors de la journée nationale de grève et de manifestations du 19 mai 2016 pour le retrait de la loi Travail.

Le 7 mars, le Tribunal de Grande Instance de Strasbourg a rendu son verdict concernant les six syndicalistes de Haguenau, 4 de la CGT, 1 de Force Ouvrière, 1 de Solidaires Alsace, poursuivis par le procureur de la République.

Avant tout, nous tenons à remercier les milliers de militants qui les ont soutenus tout au long de ces mois de mobilisation : les signataires des pétitions et motions qui leur ont été adressées ; les centaines de militants présents devant le Tribunal de Strasbourg le 9 novembre, le 17 janvier, le 7 mars ; les organisations syndicales qui les ont soutenus jusqu’au bout pour défendre la seule exigence de justice : la relaxe pour les Six de Haguenau.

Nous voulons aussi remercier les avocat-e-s qui ont porté devant le Tribunal cette exigence.

Ils et elle ont tous été condamné-e-s par le Tribunal.

Leur « crime » : avoir manifesté en mai dernier pour la défense du Code du Travail et le retrait de la loi Travail.

Leur « crime » : avoir rempli leur mandat syndical.

Cette condamnation arrive après une longue bataille des travailleurs contre la « loi travail », écrite sans concertation, adoptée à la hâte sans discussion parlementaire, à l'aide du « 49/3 ».

Ils et elle ont été condamné-e-s. Mais rien ni personne ne les empêchera de continuer à se mobiliser et à poursuivre l’action syndicale qu'ils mènent pour la défense du droit du travail et à exiger du gouvernement, au nom de la liberté d'expression, qu’il abandonne toutes les poursuites en cours et annule toutes les condamnations des militants et syndicalistes.

Ils et elle dénoncent aussi l'utilisation abusive de l'état d'urgence pour réprimer les modes d'expression légitimes des travailleurs et de leurs représentants. Car cette condamnation est un message à tout le mouvement syndical à qui l’on veut faire peur pour l’empêcher d'exprimer sa légitime colère, de manifester, de se mobiliser, comme à Goodyear, à Air France, à Sud Poste 92 et dans ces milliers cas de répression anti-syndicale qui frappent les militants qui, au quotidien, se battent avec acharnement pour la défense du Droit du Travail.

Comme il s'agit d'une volonté politique délibérée, ils et elle ne jugent pas utile de poursuivre leur combat en faisant appel. Puisque cette justice-là n'a pour objet que de mettre au pas et museler toutes velléités de contestation du projet patronal de destruction de nos conquêtes sociales, quelle confiance alors peut-on lui accorder ?

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