Appel à soutien aux "Six de Haguenau" (suite)

Les « Six de Haguenau » sont poursuivis en justice pour avoir participé aux initiatives prises sur Haguenau lors de la journée nationale de grève et de manifestations du 19 mai 2016 pour le retrait de la loi Travail. L'audience a finalement eu lieu le mardi 17 janvier 2017 et le délibéré sera communiqué le mardi 7 mars à 8H30.

 

Qu'a-t-on reproché aux six militants haguenoviens (quatre de la CGT, un de Solidaires, un de FO) ?

D'avoir participé aux initiatives prises sur Haguenau lors de la journée nationale de grève et de manifestations du 19 mai 2016 pour le retrait de la loi Travail.

En effet, ce jour-là, en tout début de matinée, dans le cadre du mouvement social contre "le projet de loi Travail", a eu lieu sur la zone industrielle à la limite de Schweighouse-sur-Moder, une opération de barrage filtrant d'un rond-point, aux bretelles d'entrée et de sortie de la rocade de contournement de Haguenau.

A l'appel de six organisations de salariés et de lycéens, près de 200 personnes ont pris part à l’action. A Haguenau, comme partout en France, des centaines de milliers de personnes ont ainsi manifesté, fait grève, et agi pour imposer le retrait de la loi Travail.

Replaçons cette journée d'action dans son contexte : un mouvement social engagé alors depuis plus de deux mois, l'utilisation de l'article 49.3 de la constitution par le premier ministre la semaine précédente, les appels des confédérations et des fédérations syndicales nationales à durcir le mouvement pour obtenir satisfaction.

Y avait-il un appel des organisations visées au travers de ces militant-e-s à occuper cette rocade de contournement ? Non. Cette action, improvisée lors d’un rassemblement de 200 personnes, ne faisait que traduire l’exaspération de millions d’autres contre la loi Travail et l’arbitraire du gouvernement. Il est donc absolument inacceptable que certain-e-s puissent être tenu-e-s pour responsables en leur nom propre des actions collectives décidées sur le vif.

Il n'y a eu aucun dégât ! Tout s’est déroulé dans le calme, sans incident. Et les militant-e-s incriminé-e-s n'ont commis aucun acte individuel passible de poursuites.

Alors pourquoi les poursuivre et les juger ?

C’est le Procureur de la République qui a décidé d’engager les poursuites. Il s’agit donc d’une décision prise au plus haut niveau de l’Etat contre des syndicalistes agissant dans le cadre de leur mandat ! S’agit-il d’une « punition collective » pour fait de manifestation ? S’agit-il d’intimider le mouvement syndical et de « faire des exemples » ?

À l’arbitraire du 49.3, à l’injustice d’une loi ne servant que les seuls intérêts patronaux, le gouvernement souhaiterait ajouter la brutalité d’une répression judiciaire ? Ceci est d'une exceptionnelle gravité.

Venez donc nombreux soutenir les « Six de Haguenau » devant le TGI de Strasbourg, 1, quai Finkmatt, mardi 17 janvier 2017, à partir de 8H00 !

Signez la pétition pour leur soutien : http://soutien6haguenau.wesign.it/fr

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