Douce déclinaison de bleus pour un mariage new-yorkais en 2011… Avant les bourrasques françaises accompagnant le projet de « mariage pour tous » en 2013. Et les propos aujourd’hui sidérants d’un grand-prêtre du ballon rond qui hiérarchise racisme et homosexualité. Et l’on comprend alors qu’il aura fallu une vie à Phyllis Siegel et Connie Kopelov pour pouvoir brandir l’imprimé validant l’union de leurs cœurs… Abimées, mais debout.
Alors, sur cette image, victoire ou armistice seulement ? Observons…
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Au pied d’une façade monumentale de Manhattan, censée incarner la solennité dont elles sont séparées par des barrières de chantier dissoutes elles aussi dans un flou n’enlevant rien à leur vocation qui est de canaliser, de protéger sinon d’empêcher, les épouses célèbrent l’accès à l’égalité, s’élèvent pour dire le droit conquis, comme elles révèlent l’enlacement des peines et des peurs, des haines et des pleurs. Ce taillis ardent de discriminations, d’humiliations, voire de coups portés à leurs sœurs, frères et trans frappé.e.s de non-humanité par des religions et autres idéologies totalitaires, fait-il affiche ou bouclier du certificat de mariage brandi par les mains gracieuses de Phyllis ? Car la dame, cérébrale et n’oubliant rien, peine à cacher un mouchoir avouant sans doute quelques larmes issues de fruits sucrés et amers. Et Connie, avec sa minerve, elle qui outrepasse les outrages, poing levé et pétillante, ne dit-elle pas le retour heureux du front, mais un retour attentif, toujours aux aguets, avec sa bandoulière aux allures de ceinture à munitions ?
Là, face au micro, l’heure est azur, mais les petits poignets, éprouvés et fragiles, persévèrent à s’élancer.
Non, monsieur Le Graët, le crime contre l’humanité ne passera pas. Et peu importent les catégories que vous réactivez. Un être humain est un être humain. Cela ne se négocie pas.