L'élevage laitier, pilier d'infamie de l'agriculture

Oser regarder, oser écouter, oser ouvrir sa conscience. L 214, en philosophe des Lumières des temps présents, nous invite à l'intelligence, qui est de pouvoir comprendre, de comprendre, d'en tenir compte et d'aimer. Ou quand consommer lait, fromage, yaourt et viande relève du crime.

Portée par la prise de conscience que permettent et l'intelligence et la révolution de l'image, l'éminente association L 214 nous convie aujourd'hui à lever le voile de l'élevage laitier. L'un des pires, car à la rencontre de ce qui devrait être la plus belle des poésies : les liens mères et petits. Et cette nouvelle enquête forte du témoignage d'un acteur d'une filière qui préfère vivre cachée et qui n'hésite pas à manifester colère et menaces lorsqu'elle sent ses intérêts financiers menacés, nous conduit dans l'enfer d'existences que l'on ne souhaite à personne et qui en rappellent d'autres...

Un bébé, dans l'ombre de Laïta - Mamie Nova et Paysan breton Un bébé, dans l'ombre de Laïta - Mamie Nova et Paysan breton

Il ne sera pas question ici de la barre métallique électrifiée introduite dans l'anus du taureau pour "récolter" le sperme du père, comme il ne s'agira pas du long bras introduit dans l'anus de la vache pour "détendre" son utérus afin d'y "déposer" la précieuse "semence". Ni des "essais" sur vaches retenues dans les abattoirs pour une dernière insulte infligée par l'inséminateur stagiaire... Il ne sera pas question non plus des césariennes imposées aux monstrueuses vaches de l'espèce issue tout droit du "génie" humain soit le terrifiant label "Blanc Bleu Belge", ces créatures incapables de faire naître leur "viande sur pattes" ; ni des vaches "hublots" constituant "laboratoires sur pattes" ; ni des non moins monstrueuses "vaches laitières" (la nature aurait créé des "vaches laitières" pense même une très médiatisée éleveuse de porcs qui empreinte inlassablement allées et fauteuils du pouvoir et des grands médias). Il ne s'agira pas non plus de l'envoi à la découpe des jeunes mères (elles sont "lâcheuses" dès le quart de leur espérance de vie"), suspendues à un membre postérieur, le cœur toujours battant et le lait jaillissant encore des pis (quand elles ne portent pas dans leurs entrailles épuisées leur dernier petit).

Non, il s'agira de bébés, ces veaux indispensables à la production de "lait", un liquide de croissance adapté aux besoin de son espèce et à elle seule. Une vache, une année, un veau. Et des veaux volontairement anémiés afin que leur viande convienne aux consommateurs avides de viande blanche, des veaux brutalisés, des veaux découpés vivants ou des veaux "euthanasiés" quand la perspective du profit est faible.

L'association L 214, au nom d'un article du Code rural qui déclare que "Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce", s'adresse à chacun et chacune de nous. Avec l'évolution du droit comme horizon.

Car que l'on ne s'y trompe pas : la prise de conscience génère le progrès par la loi. Ainsi, dans Candide ou l'optimisme, du précieux Voltaire (1759), le "nègre de Surinam" rencontré au bord du chemin, amputé d'une main et d'un pied, misérablement vêtu, avait répondu à ses visiteurs horrifiés :

"C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe".

Moins d'un siècle plus tard, et sans les images qui sont les nôtres désormais, l'esclavage était aboli en France sous la plume de Victor Schoelcher, dans le cadre de la IIe République naissante (1848).

Et nous, sous la très verticale Ve ? Avec les témoignages et preuves à foison ?

C'est à ce prix que nous consommons laitages et viandes...

Nous.

On pense tout autant, et avec effroi, aux mots d'Isaac Bashevis Singer (1902-1991), écrivain et témoin de temps autrement douloureux :

 « Tout ce verbiage sur la dignité, la compassion, la culture ou la morale semble ridicule lorsqu’il sort de la bouche même de ceux qui tuent des créatures innocentes, pourchassent des renards que leurs chiens ont épuisés, ou même encouragent l’existence de combat de taureaux. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir de paix dans le monde tant que les animaux seront traités comme ils le sont aujourd’hui. Les humains sont des nazis pour eux, pour les animaux, c’est tous les jours Treblinka. »

 « On affirme souvent que les hommes ont toujours mangé de la viande, comme si c’était une justification pour continuer à le faire. Selon la même logique, nous ne devrions pas chercher à empêcher un homme d’en tuer un autre étant donné que cela aussi a toujours été. »

 

Ici, le témoignage du lanceur d'alerte, et l'indispensable interpellation de l'association avec la pétition comme levier du changement outre le refus d'être complice :

"Réalisée entre juillet et octobre 2019 dans un centre de tri et trois élevages de veaux du Finistère appartenant à l’entreprise Laïta (marques Mamie Nova et Paysan Breton), l’enquête montre la dureté des conditions d’élevage des veaux laitiers.

Après avoir été séparés de leur mère dès la naissance, les veaux sont triés, certains tués car jugés insuffisamment rentables, et les autres engraissés dans des bâtiments sordides. Ils ne connaîtront jamais les pâturages. Le sol ajouré, bétonné et sale est source d’inconfort voire de blessures. Certains veaux sont même privés de tout contact avec les autres. Plusieurs animaux souffrent de maladies comme la teigne. Tous sont anémiés et souffrent de graves troubles digestifs.

Ce supplice, ils le vivent pour l’industrie laitière. En effet, pour que les vaches produisent du lait, elles doivent donner naissance à des veaux. Ces derniers sont alors considérés comme des sous-produits que l’industrie rentabilise en les vendant pour leur chair."

Enquête sur le calvaire des veaux laitiers : un lanceur d'alerte dénonce © Association L214

Le lien vers la pétition :

https://www.l214.com/enquetes/2019/elevage-made-in-france/veaux-laiterie-laita?fbclid=IwAR1V-5_OSJOd-iSy2X51ob8SBfPX6y5-D-TG_3MKpTq89jC-hM5U3t5lFIA 

 

 

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