Voter ou ne pas voter

Peut on voter au second tour des régionales tout en refusant de donner un chèque en blanc au PS? Doit on sacrifier les Régions sur l'autel des Présidentielles? Nous ne sommes pas représentés, nous serons donc nécessairement perdants à l'issue de ce scrutin. Mais comment l'être le moins possible? Quelle solution nous permettra de construire une alternative crédible avant 2017?

Profondément déçu par François Hollande et indigné par la politique menée par Manuel Valls (certainement l’Homme politique avec Sarkozy qui a le plus contribué à la dédiabolisation du FN et à la stigmatisation de nombreuses composantes de notre société), je me pose comme beaucoup la question de l’intérêt du vote barrage (selon la situation, contre Les Républicains ou le FN –  encore que les deux ne sont pas à mettre sur le même plan).

De quel barrage parle-t-on lorsque les uns et les autres ont fait sauter les digues républicaines ?

Quelle est la différence entre Estrosi, l’homme de la cinquième colonne et Marion Maréchal Le Pen ?

Quelle est la différence entre Valérie Pécresse et Claude Bartolone, dont le parti (sélection non exhaustive) :

·       a renié ses engagements électoraux de 2012,

·       nous entraine dans une logique ultra-sécuritaire (loi sur le renseignement, état d’urgence),

·       a continué à diaboliser nos concitoyens de confession musulmane,

·       a abandonné les plus démunis,

·       s’est illustré par son soutien inconditionnel à Israël durant l'été 2014 (plus de 2000 morts côté Palestinien, 70% de civils selon l’ONU dont plus de 400 enfants) tout en récusant le droit de manifestrer en soutien à la population Palestinienne,

·       négocie en toute opacité le traité transatlantique

Ces questions sont justifiées, elles sont mêmes nécessaires, tout comme celle de savoir où se situe notre responsabilité. Nous les avons laissé faire, non pas sans broncher, mais sans agir. L’offre politique actuelle ne nous convient pas. S’abstenir ou voter blanc, est-ce suffisant ? Notre voix portera-t-elle davantage si nous laissons le FN passer ? Les partis dits républicains se remettront-ils en cause ?

Laisser le FN gagner dans certaines régions, ce serait contribuer à dédiaboliser davantage ce parti, à terminer le travail initié par les hommes politiques de droite et de gauche. Le souhaitons-nous ?

Prendre le pari qu’une victoire du FN permettrait une prise de conscience et une remise en cause au sein des partis de gauche est particulièrement risqué quand on sait leur incapacité à voir plus loin que le bout de leur nez. Sacrifier les régions sur l’autel des présidentielles est suicidaire.

Nous serons, quelle que soit l’issue du scrutin, les grands perdants de ce scrutin auquel nous ne sommes pas représentés. Voter demain a pourtant une vertu : se donner du temps. Se donner du temps pour entrer en résistance, pour nous remettre en cause (vite, 2017 avance à grands pas), pour nous organiser, pour créer une nouvelle offre, pour convaincre.

On peut encore changer le cours de l’histoire !

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