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Billet de blog 8 juin 2019

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Crise environnementale : abandonner, combattre ou créer

Alors que nous sommes de plus en plus conscients des dégâts irréversibles que nous causons à notre environnement, nous nous sentons également de plus en plus impuissants, en tant qu’individu, à y répondre efficacement. Mais encore faut-il comprendre que nous faisons tous partie du problème. Et qu’un changement simultané et radical de nos comportements s’avère indispensable.

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En l’espace de quelques décennies, nos sociétés sont passées d’un système de lutte et d’effort à un système de profusion et de facilité. Sans prendre véritablement acte des limites de notre monde, le développement de nos modes de vie s’est transformé en croissance effrénée et compulsive.

Le problème est que le besoin légitime au confort et à la sécurité matérielle s’est transformé en besoin insatiable d’accumulation, et en avidité aveugle.

Ainsi, confortablement assis à bord d’un paquebot lancé à pleine vitesse, nous nous réveillons à peine. Et apercevons l’iceberg droit devant nous. Trois réactions humaines sont maintenant à envisager :

  • L’abandon, qui se résume à la fuite du navire, en se jetant à l’eau, glaciale. En comptant sur notre bonne étoile pour que les secours arrivent à temps pour nous sauver.
  • Le combat, qui se résume à la rébellion contre le capitaine, que nous jugeons responsable de la terrible situation dans laquelle nous sommes. Nous dépensons alors toute notre énergie à vouloir le renverser afin de prendre sa place. La question est de savoir si nous serons mieux aptes que lui à diriger le navire…
  • La création, qui se résume à rassembler les aptitudes de chacun, et à agir ensemble, afin de « reconfigurer » le bateau. Pour cela il nous faut de l’imagination. Beaucoup d’imagination. Pour éventuellement envisager de transformer le paquebot en île, sur laquelle tout sera à réinventer.

La première réaction, celle de l’abandon, repose sur la croyance en une solution miracle (celle de la croyance en la technologie salvatrice par exemple). Elle repose sur trop d’inconnues pour être envisagée rapidement et de manière probante.

La seconde réaction, celle du combat, et de la violence, a déjà été maintes fois utilisée dans l’histoire de l’humanité et a abouti aux nombreuses guerres, révolutions et épisodes sanglants que nous connaissons. C’est une réaction très énergivore, qui fait appel aux pulsions humaines les plus primaires, et dont les résultats ne sont que très aléatoires.

La troisième réaction, celle de la création, fait appel à une des ressource les plus digne de l’Homme : son imagination. Il ne s’agirait pas alors d’inventer une nouvelle technologie pour éviter le pire (on en reviendrait à la première réaction), mais plutôt de créer de nouveaux moyens de vivre, tout en renonçant aux comportements qui nous ont mené la où nous sommes.

Il convient alors d’identifier ces comportements, qui sont à la source des problèmes environnements et sociaux que nous traversons.

Le principal comportement est celui d’en vouloir toujours plus, pour en donner toujours moins. C’est l’égoïsme et le repli sur soi, véritables rongeurs de nos sociétés modernes.

Il y a ensuite l’indifférence. Indifférence qui se transforme en mépris quand plus rien n’a d’importance à nos yeux, si ce n’est notre propre satisfaction et notre propre bonheur.

Enfin, la cupidité et le profit sont les deux poisons de nos temps post modernes, à travers lesquels l’homme oublie l’Homme, pour ne plus que se river sur son obsession de croissance et d’accumulation.

Ces comportements s’expriment dans notre monde à travers les idées du capitalisme et de l’ultra libéralisme. C’est un fait.

Mais il est faux de penser qu’il suffit de supprimer ces systèmes politiques et courants de pensée pour régler le problème. Celui-ci ne sera réglé qu’une fois que nous aurons compris que la source de toute cette folie destructrice est en nous. Nous tous. Dans notre besoin compulsif à posséder, et à s’accrocher à notre confort.

Arrêtons de remettre la faute sur l’autre, et de constamment nous dédouaner. Le jour où il n’y aura plus d’acheteur de futilité, il n’y aura plus de vendeur non plus.

Prenons par exemple le cas du phénomène bien connu de l’obsolescence programmée, qui fait couler tant d’encre. Le raisonnement simpliste est de remettre entièrement la responsabilité du problème sur les constructeurs. Or, si nous réfléchissons plus en profondeur, on pourrait s’apercevoir que la responsabilité l’obsolescence doit être partagée, car avant de programmer la durée de vie de ces produits, le constructeur réfléchit avant tout à la manière de concevoir ces produits pour qu’ils soient le moins cher possible, et donc pour en vendre le maximum. Pourquoi ? Parce que nous-même, consommateurs, sommes constamment à rechercher le plus pour le moins. Il en découle naturellement un phénomène de réduction de qualité des produits, donc un affaiblissement de leur longévité, et enfin une augmentation de la production et de la demande en ressources.

Il n’y a pas de magie, ni de grands complots contre les consommateurs. Il y a des comportements et des habitudes qui ont des conséquences. Et même si nous ne voulons pas voir que ce sont nos comportements qui engendrent les conséquences désastreuses que nous combattons, il faudra tôt ou tard y faire face.

Il s’agirait de comprendre qu’il ne sert à rien de taper sur le voisin, ou sur l’ennemi, mais qu’il est audacieux et salvateur de nous transformer nous-même. De l’intérieur. En commençant par mieux nous connaître.

Seulement après, nous pourrons nous accepter, et nous adapter au changement extérieur que notre inconscience nous aura imposé. C’est cela la résilience. C’est dans ce sens que va la vie.

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