Mélenchon la grande illusion, Guillon la grande désillusion.

Rubrique de Guillon dans libé du 7-8 décembre 2013

 

Plantu est contagieux, il  vient de refiler le virus de la confusion idéologique à Guillon.

Dans sa rubrique, l’humoriste en panne d’inspiration,  récite le mantra préféré de la médiacratie : Mélenchon est fini, Mélenchon est fini…  pour étayer son imprécation un chapelet de buzz rances  et confits qui ont tourné en boucle sur toutes les chaînes ces derniers mois.

Mélenchon est un has been, « sa » manif contre la hausse de la TVA a été un bide puisqu’il a peiné à réunir 7000 personnes, claque bien méritée puisque le « vieux cabot de la politique »  fait des jeux de mots nauséabonds comme Dieudonné, il refuse de dire que Cuba est une dictature, ses revenus et son  patrimoine faramineux lui permettent de voyager en classe affaire et  le rendent illégitime pour représenter les pauvres, il ne supporte pas les Bretons qui lui volent « sa révolution », et bien sur, il a bidonné son interview avec TF1....

 

Mélenchon bidouille ses interviews, 7000 manifestants selon Vals, des images du défilé d’une manif anti-raciste peu fournie  que l’on fait passer  pour celle du 1er décembre.. Qui bidonne ?

Mélenchon antisémites, foi de ses anciens camarades sous couvert d’anonymat bien sur….

Qui utilise des méthodes au relent nauséabond des années 30 ?

Mélenchon soutien des dictateurs,  notre comique n’a pas mis ses fiches à jour,  le dictateur préféré des médias, maintenant c’est Chavez.  Mais peut-être un rappel en solidarité avec  sa partenaire de théâtre Christina Reali qui a fait l’expérience traumatisante de la faim lors d’un tournage à Cuba en 1995, la pauvre elle n’a pas eu de chance, au même moment, logée dans un hôtel voisin du sien,  j’ai très bien mangé.

Mélenchon jaloux des bonnets rouges. L’ouvrier et le patron qui vient de le virer, main dans la main pour dénoncer l’Etat centralisateur et  spoliateur, contre les contraintes fiscales, sociales et écologiques. Les thatchériens français en ont rêvé, le MEDEF et le FN l’ont fait sous les applaudissements de notre amuseur public.

Mélenchon se gave, 12 000 euros par mois d’indemnité de député européen, 40 000 euros pour les prestations hebdomadaires de notre comique dans l’émission d’Ardisson sur canal.

Quand on a un gros revenu c’est respectable de piéger les pauvres, se foutre de leur gueule, bidonner les interviews pour montrer comme ils sont moches et bêtes, comme le fait son ami Barthès dans le petit journal mais dénoncer « les salauds de riches », les « patrons voyous »,  les journalistes chiens de garde, c’est impardonnable, c’est trahir sa classe.

 

J’allais conclure en disant Guillon la grande confusion, Guillon la grande désillusion.

La grande désillusion certes, la grande confusion certainement pas, notre bouffon ne confond pas, il s’est très bien à quel monde il appartient, quel monde il doit défendre et même il le revendique :

« Oui, c’est vrai et je n’ai pas de problème par rapport à mon salaire. Je travaille beaucoup et je comprends que ça puisse choquer certaines personnes, mais on n’est pas mal dans le milieu de la télé à gagner ces sommes là. »

 

Vivement que Sarkozy  refasse de la politique, il pourra ainsi engager Guillon pour faire la première partie de ses meetings… ainsi on pourra retrouver l’artiste qui nous faisait rire… celui d’avant...

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