Freakshow viral

Je m'étouffe...
Je n'ai pas de problème respiratoire
Ma cage thoracique se soulève régulièrement
Mais quelque chose brûle
Je crois qu'il ne s'agit pas de colère
Mais plutôt de fureur.
La colère, je la porte, avec d'autres depuis un an et plus.
Tu crois que nous avons attendu l'épidémie pour faire des choix ? Pour se dire que pour cette personne nous aurions pu ? Si nous avions eu des lits, des respirateurs, du personnel...
C'est cela que tu crois.
Qu'avant on respirait
Qu'avant nous étions en paix....
Peut être que
Tu crois beaucoup de choses.
Tu crois qu'on fait de la médecine sans toucher, à travers un écran...
Tu crois que tout le monde a un ordinateur chez soi...
Tu crois que la santé se monnaie
Tu crois qu'un ordinateur peut intuber un patient aussi ?
Tu crois qu'on va se relever, nous, de ce que l'on traverse ?
Nous étions déjà debout il y a peu pour te dire que non .
Et tout ce que tu trouves à nous donner c'est a une fuite que nous devons de l'apprendre.
Nous apprenons qu'alors que nos dos sont penchés sur nos semblables,
tu nous mens ?
Que tu nous prépares un peu plus d'inégalité ?
Un peu plus de PPP ?
Emmanuel.
Tu nous prends pour des cons ?
Mon cher petit président, excuse le tutoiement, mais quand on se permet d’être assez familier pour me prendre pour une poire, et sachant que tu es probablement foutu comme tout le monde (quoique parfois j'en vienne à en douter) on va dire qu'on admet.
Ça me fera respirer un peu sous mon masque.

Je m’étouffe
Ce n'est pas le COVID
C'est l'indignation.
C'est ce que vivent les soignants et les patients
à qui ce que tu promets
C'est le pire
C'est nous couler un peu plus
Et tu le fais dans ce moment
ce moment ou nous manquons de tout.

Elle semble grotesque cette phrase imprimée sur des feuilles A4 qui viennent probablement de la même grosse photocopieuse que celle de mon service d'urgences, tenues par des infirmièr(e)s , des médecins, des aides soignant(e)s : « vous pouvez compter sur nous mais l'inverse reste à prouver »

Mais non
Bien sur que non
Quelle idée d'y avoir cru.
Tu lis
Tu me fais croire que tu lis
Que tu vas au théâtre, peut être regardes tu des films...
Et je me demande ce que tu en retires
Quelle fiction te convaincrait de la réalité de ce que nous vivons
Ce n’est pas toi qui fermeras les yeux des non intubés.
Pas toi qui rencontreras les familles.
Pas toi qui te sentiras responsable de chaque décès.
Pas toi qui feras le choix .
Bien sûr tu pourrais t appeler Philippe, ou Edouard, Olivier ... tu pourrais être une femme , un homme ...
tu pourrais être n’importe qui encourageant ce cirque.
Tu ne resterais qu’une fiction.
La fiction d'une fiction.
Un mensonge
Tellement loin de nous .
Tu n'as plus tort de dire que nous sommes en guerre.
Je ne peux pas être en guerre contre un virus.
Une fiction qui tue a un nom : un monstre.
C'est ce que tu es. Ce que ceux qui t'accompagnent sont.
Et les monstres se combattent.

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