"De la décennie 1968/1978 à aujourd'hui" Débat à la fête Effrontée de Lézan (Gard)

En 1978, quatre députés communistes sont élus dans le Gard dans les quatre circonscriptions du Gard : Gilbert Millet, Bernard Deschamps, Adrienne Horvath et Emile Jourdan. Une centaine de personnes ont participé à un débat public autour de la décennie 1968/1978 dans le Gard, tout en interrogeant l'époque contemporaine à la Fête de Lézan dans le Gard dimanche 24 juin 2018.

« 1978 / 2018 », aucune époque n’est meilleure qu’une autre.


Le débat engagé hier à la fête effrontée de Lézan s’est fait dans un cadre compliqué. Il s’agissait d’aborder des questions majeures sur une époque avec des problématiques importantes en un peu plus d’une heure ! De plus ce moment politique s’inscrivait dans une multitude de débats sur la fête, et dans une atmosphère riche et variée. Malgré ses défauts, le rendez-vous autour du stand nîmois a eu sans doute la force de ne pas commémorer une période passée mais d’en parler au temps présent. C’était peut-être le meilleur moyen de rendre hommage à celles et ceux qui ont oeuvré pour des conquêtes importantes dans le Gard… Être dans l’action collective en tachant de réfléchir sur le sens ce celle-ci !

1978 est une date importante car elle marque l’élection de 4 députés communistes dans le Gard dans les 4 d'alors circonscriptions du département. Mais on ne peut comprendre ce moment sans réfléchir à ce qui est l’a précédé. Afin de le mettre en lien avec l’époque contemporaine faite de questions (notamment au sein du PCF à l’approche de son congrès extraordinaire), il s’agissait de balayer plus de cinquante années d’histoires. Les intervenants au cours de cet échange Michèle Oromi, Bernard Deschamps, Léa Léa Comushian, Jean Molinier, Jean-michel Suau, Frédéric Frédéric Deschamps et Jacqueline Vila-Mir ont pu à travers leurs témoignages et leurs remarques permettre aux nombreuses personnes présentes de percevoir l’atmosphère d’une époque sans nostalgie et ouvrir des débats sur l’avenir.

Pour parler de cette décennie 1968/1978, il n’est pas obligé d’être gardois, ni communiste, ni d’y avoir vécu mais de savoir écouter la parole de chacun et avec elle d’interroger sa pensée. Vincent Bouget a d’ailleurs souhaité le souligner à la fin de cet échange, en mettant en avant les différentes générations présentes à la fête et au débat. Des générations se croisent et s’enrichissent mutuellement. Cela est une caractéristique majeure du Parti Communiste contemporain, dans lequel beaucoup de jeunes post-1991 né après la chute du bloc socialiste s’engagent en ayant conscience de l’Histoire du PCF.

Les 8 forment des boucles en cette année 2018. En 1958, les élections législatives qui suivent l’adoption de la nouvelle constitution en septembre voient l’élection de seulement dix députés communistes à l’Assemblée nationale dont aucun n’est issu du Gard ! Pour rappel, les députés communistes sont au nombre de 11 aujourd’hui. Cela montre ce sur quoi Bernard Deschamps a tenu à insister hier. Les résultats électoraux sont profondément liés aux contextes dans lesquels ils se forment. Ces 8 nous surprennent cette année. Ceux qui parlent de «commémorer » mai 1968 envoient les forces de l’ordre et dans les université et répriment les contestations comme à Nîmes la semaine dernière en plaçant en garde à vue plusieurs jeunes lycéens à quelques jours du baccalauréat.
La fête de Lézan est une réussite. Il y a quarante ans, Juliette Greco et André Lajoinie étaient là. Cette année Massilia Sound System, Marie-Pierre Vieu et Ian Brossat sont venus ! Les années passent, mais les communistes restent fidèles à leurs engagements.
Dans vingt ans surement que le petit Baptiste né en 2018 (et présent à notre débat hier matin dans les bras de sa maman Elsa) profitera encore de cette fête…

Au journaliste de France3 qui était un peu surpris de se voir associer « jeune » et « communiste » dans la même phrase, j’ai répondu que les jeunes militants du PCF à Nîmes et dans le Gard trouvent sans doute comme premier avantage dans leur parti le fait d’y être libre. Cette liberté se manifeste par la confiance des responsables dans les jeunes générations et leurs initiatives diverses. Cette liberté est sans doute le fruit d’évolutions au sein du PCF, qui est passé par des époques compliquées. Mais ce sentiment profond de liberté doit être basé sur une organisation, sur un parti qui a conscience de ses failles. Plus d’organisation est parfois nécessaire… Beaucoup de jeunes souhaitent s’engager mais trouvent difficilement leurs places dans de grandes assemblées générales, ou dans des collectifs informels de militants qui se forment dans des cadres amicaux. Le fait de se « sentir pas à la hauteur » ou « trop peu formé » est à prendre en considération. Cela nécessite de développer les réunions thématiques sur un domaine large peut-être. Cela permet au nouveau militant (qui n’est pas forcément jeune) de s’épanouir sur une question qui le tient à coeur comme « la solidarité internationale » ou « la santé », et d’avancer dans son engagement au rythme qu’il souhaite.

Ce dialogue entre le passé et le futur permet avec d’autres éléments de construire un avenir communiste. Cet avenir a commencé à s’écrire à Lézan en montrant à tous que le communisme est en mouvement et poursuivant un travail de « ré-identification » du communisme à des avenirs possibles. D’ailleurs la présence de la chaîne YouTube le Cri du Gard animé par Clément Luy et Theo Pansanel illustre ce dialogue puisque « Le Cri du Gard » était le journal de la fédération communiste du départment pendant un temps lors du siècle dernier.

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