Après avoir déposé plainte contre Brigitte Macron pour “injure publique” - elle avait violemment qualifié des militantes féministes de “sales connes” lors d’un spectacle d’Ary Abittan - les Tricoteuses hystériques étaient “obligées d’y être”, assure Vigdis Morisse-Herrera, la représentante de ce collectif montpelliérain, en référence à la prochaine date du pasino de La Grande Motte, dans l’Hérault.
L’acteur Ary Abittan, connu pour son rôle dans Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ?, va y jouer son nouveau spectacle, jeudi 22 décembre au soir. Un spectacle dans lequel il revient sur l’accusation de viol sur une jeune femme le concernant, survenue en 2021 : le parquet l’avait mis en examen, suite aux déclarations de la victime présumée. Elle dénonçait des actes sexuels violents et une sodomie non consentie.
Déprogrammations à la chaîne
Cinq plaies vaginales et deux plaies saignantes de 1,5 centimètre compatibles avec une pénétration anale, pour deux jours d’incapacité totale de travail (ITT), avaient été constatés par l’unité médico-judiciaire. Avant qu’en 2024, un non lieu soit ordonné par la juge d’instruction. Ce qui ne reconnaît pas Ary Abittan comme innocent aux yeux de la justice. Les magistrats estiment ne pas avoir assez d’éléments pour demander un renvoi devant un tribunal judiciaire. Entre 2012 et 2021, 94% des dossiers de viol ont été classés sans suite, d’après une étude de l’Institut des politiques publiques.
Voir aussi : La publication des Tricoteuses hystériques, sur Facebook.
C’est ainsi que l’acteur articule une tournée nationale autour de son dernier one-man-show, “en toute impunité”, selon Vigdis Morisse-Herrera, qui abonde : “Que valent nos vies, nos corps ?” Elle appelle au rassemblement à partir de 19 heures, aux portes du Pasino afin “d’accueillir les spectateurs, sans aucune violence. Le but n’est pas d’empêcher la tenue du spectacle. Par contre, nous allons prendre le temps de leur expliquer les violences commises par cet homme.”
Et de déclarer : “inviter un agresseur signifie que le Pasino méprise la parole des femmes et leur souffrance. C’est légitimer la violence contre les femmes !” Face au tollé provoqué par les déplacements d’Ary Abittan, deux salles de spectacle en Dordogne et en Suisse viennent de décider la déprogrammation de l’artiste. Contacté, le Pasino de La Grande Motte n’a pas souhaité donner suite à nos sollicitations.
Dans un article du journal Le Monde paru en décembre dernier, la victime présumée d’Ary Abittan expliquait avoir fait une tentative de suicide, et que “chaque exposition à un article qui parle de lui réactive [s]on stress post-traumatique”.