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Billet de blog 1 avril 2025

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LA  LIBERTE EST UNE EXIGENCE

Comme il est interdit d’interdire, il est obligatoire d’être libre

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

          L’interdiction d’interdire introduit au sein de l‘interdit une contradiction qui en fait une liberté. L’obligation d’être libre introduit également une contradiction, au sein de la liberté cette fois, qui renforce celle-ci, lui enjoignant d’être éclairée pour, au carrefour dont tous les chemins partent, éviter les impasses.

          Entre le fort et le faible, disait Lacordaire, la liberté opprime, la loi libère. La proposition confirme mon propos mais me permet surtout une précision de vocabulaire. Opposer la force à la faiblesse donne des armes à ceux qui pensent, comme c’est leur droit, qu’il est normal que le fort l’emporte et que éliminer le faible est socialement chose heureuse. Mais sous le fort se cache le violent, l’imbu de soi jusqu’à nier l’autre, celui qui ne lésine pas sur les moyens pour parvenir à ses fins et satisfaire sa mégalomanie.. Sous le faible sont invisibles aux yeux du fort ce qui en fait un pacifique, un doux, un juste, un poète. J’opposerai donc pour faire bref, le violent au pacifique.

          Dans une remarquable participation au débat qui actuellement est l’espace où  le grand mensonge du jour fleurit, obscurcit la voie de la liberté et rend inaudible sa voix, Dominique Eddé (Le Monde, 29 mars 2025) retire à un interdit néfaste le voile, pas seulement, la camisole, dissimulant sa perfidie. Cet interdit est ne pas être antisioniste sous peins d’être  estimé antisémite.

          Soyons pour et non pas anti. Pour la possibilité offerte aux communautés juives de trouver un espace où elles pourraient trouver une patrie, une terre. Je ne dis pas une nation à laquelle serait attachée une souveraineté surpassant la norme internationale. La supériorité de cette dernière a été réaffirmée dans mon billet du 27 mars.
          La manière dont s’est effectué le partage de la Palestine, le sionisme comme idéologie y présidant, le désintérêt que les nations dites grandes qui ont organisé ce partage ont ensuite manifesté peuventt être l’objet d’un débat sans qu’il soit crié au loup.  La violence a pris le dessus, et les violents qui sont très largement au pouvoir dans ce qui appelée « la communauté internationale » s’accordent pour en faire prévaloir le succès. Il y a de quoi « rendre fous de colère », comme l’écrit D. Eddé. Cela n’excuse rien. Ceux parmi lesquels sévissent les xénophobes les plus affirmés n’ont cependant pas latitude d’instrumentaliser l’antisémitisme pour prétendre que cette folie interdit le discernement : ce n’est pas parce qu’ils sont juifs que les sionistes sont critiqués quand ils le sont mais en raison d’un malheureux amalgame qui , après coup, fait de l’idéologie sioniste une idéologie violente, et qui serait violente car elle serait elle-même raciste. Racisme par omission, on ne peut dire qu’il est dit du mal de l’autre, le peuple palestinien n’existe pas dans le texte auquel répond l’autrice souligne t-elle. Celle-ci  parle juste quand elle fustige un renoncement à la pensée, lequel renvoie à Hanna Arendt et à la banalité du mal.

          Le quotidien Le Monde peut titrer le 29 mars « En Israël, le chef du R N intègre l’internationale réactionnaire ». Il n’a même plus besoin de nier son héritage xénophobe, il le noie.

          Et le texte de Dominique Eddé peut être très justement  intitulé : « On n’affaiblit pas le racisme avec des interdits, on s’interdit ce qui le renforce ».

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