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Billet de blog 3 juillet 2024

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Du bon usage du mot Républicain

La notion de liberté est dans l'idéologie libérale opposée à celle qui définit la doctrine républicaine.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

      Le Front Républicain est un sursaut sain mais il n’est qu’un sursaut de portée, par nature, éphémère. D’autant qu’il joue d’un mot, République, qui n’a pas le même sens pour toutes les composantes du Front et qu’il perd par là de sa vertu mobilisatrice et n’ouvre à aucun projet commun

       Le Groupe d’études géopolitiques le Grand Continent  publie « une conversation avec Philip Pettit : qu’est-ce que le républicanisme » qui peut être recommandée pour la qualité de ses analyses. La plus décisive pour ce propos est de montrer le renversement opéré en ce qui concerne la notion de liberté entre l’idéologie libérale et la doctrine républicaine. J’oppose bien ici une idéologie fondée sur des intérêts à une doctrine fondée sur des raisons.

       Schématiquement il montre que la notion libérale de liberté repose sur le refus de toute ingérence d’une institution représentant l’intérêt général dans le jeu des intérêts privés en niant qu’une asymétrie de pouvoirs peut fausser ce jeu et porter atteinte à la vraie liberté de beaucoup. La notion républicaine de liberté tient compte de cette asymétrie.

       En ce sens dans l’éventail politique français le programme qui s’approche le plus de l’idéal républicain est celui de LFI car ce programme va le plus loin dans la réduction de l’asymétrie des pouvoirs.

       Condamner cette formation politique pour extrémisme c’est consacrer la recherche de vérité comme le péché le plus néfaste dans ce monde où  le flou d’un mensonge généralisé serait devenu le seul espace où pourrait se maintenir un équilibre nécessairement fragile dont le parti dit de la raison tente de s’emparer, pour mieux sombrer.

       Laurent Mauduit (Médiapart, 1er juillet) liste « les innombrables lâchetés ou complicités » qui ont conduit  à la catastrophe démocratique que nous connaissons. Ce blog s’est attaché à dénoncer la démission des juristes et des philosophes qui, plus en profondeur, ont miné notre capacité à penser la situation et à en saisir les causes fondatrices, à fournir le repère dont beaucoup constate la disparition.

       Les juristes qui se refusent à dénoncer l’imposture consistant  à traiter la propriété comme d’un droit et à permettre ainsi l’expansion d’une propriété accumulatrice, principale cause de l’asymétrie des pouvoirs dénoncée supra (v. billet du 1er avril 2024, égal. Billets des 11 juillet 2020, 21 jui et 31 août 2022, 3 février 2024).

       Les philosophes qui, soumission à un esprit du temps empreint d’un grand scepticisme, ont renoncé à poursuivre l’approfondissement d’une ontologie exigeante susceptible de démontrer que d’être constitue l’attribut humain le plus éminent. Est alors fondée  l’égalité fondamentale de tous et l’indissociabilité de cette égalité et de la liberté de chacun.

       Si l’on considère que l’aspect financier est loin de constituer le contenu de cette égalité, vaincre l’asymétrie des pouvoirs est mettre fin à bien dominations liberticides.

       Le billet inaugural de ce blog, en février 2016, utilise une métaphore pour lier ensemble les trois valeurs républicaines : l’arbre figure la fraternité, la liberté en est la sève et l’égalité le fruit. Le belle notion de Etienne Balibar, « l’égaliberté, y est évoquée. Y est porté un jugement négatif sur Macron, soupçonné d’être un usurpateur de l’aura du philosophe Paul Ricoeur.

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