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Billet de blog 9 décembre 2021

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La  Gauche  doit  élever sa  proposition

Prendre en compte les grandes lois de la nature n’est pas encore le fait de la Gauche. Il est aujourd’hui impossible de dire qui porte l’avenir. Ce qui est certain c’est que la Droite tourne le dos à cet avenir.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

          Dans le chapitre 9 de son ouvrage « L’Economie Avenir » Gaël Giraud, significativement parrainé dans le cadre de la Primaire Populaire, dénonce une double stérilité, celle de la pensée économique et celle de la pensée scientifique. La stérilité de la non-pensée qui préside à la  dispersion des gauches peut y chercher une explication, non une excuse.

            Nous ne savons plus élever collectivement notre regard et demeurons englués dans la quotidien de nos querelles, de nos préjugés, de nos géographies petites et médiocres. Paraphrasant la première phrase de ce chapitre 9 nous pouvons dire que nous pensons avec des catégories du passé qui sont devenues paroles mortes détachées de toute pensée vivante.

          Gaël Giraud a été parrainé pour, sans doute et notamment, la solidité de ses prescriptions économiques. Il dénonce ici le dogme de la neutralité monétaire et l’installation d’une néfaste Banque Centrale Européenne qui s’ensuit. Il a peut-être été également choisi pour la sévérité de ses jugements écologiques. Il invite cette fois à « une réécriture d’une macroéconomie compatible avec les lois de la thermodynamique », donc à prendre comme référence les grandes lois de la nature. Mais le débat public est-il capable de s’élever hors des ornières où il s’est embourbé. Le temps en est venu. La catastrophe s’annonce.

          Alors « une compréhension élargie du monde aura un impact sur l’imaginaire dans lequel nous configurerons la lecture de notre vécu quotidien » (p. 114).

          Alors « la thermodynamique hors équilibre » nous apportera « une représentation ouverte du monde : notre univers admet alors un autre ailleurs vers lequel il exporte son entropie. On rouvre les possibles… ».

          Tout ce blog a été le lieu de tâtonnements pour définir une ontologie, une réflexion sur le comment de notre présence, de notre existence. Cette ontologie est heureuse de se découvrir aujourd’hui une convergence avec les perspectives qu’ouvrent  Gaël Giraud et son co-auteur Felwine Sarr, un économiste sénégalais : dépasser l’entropie, non par le tiède désir d’immortaliser une vie médiocre, mais pour y affirmer une  présence d’absolu, non de l’absolu ; ouvrir les possibles dans un monde dont toutes les issues paraissent closes mais qui ne demande qu’à exploser ses magnificences. Un monde où l’homme serait devenu humain, vivant en harmonie avec le  non- humain.

          « Ce qui voudrait dire, par exemple, écrire une économie de la Téranga  » (p. 123). Voici que l’ontologie que je propose, « être-liberté », prend chair. Celle-ci est dans le livre exprimée parfois en des vocables dont l’étrangeté ne limite pas l’imaginaire au mot à mot, se nourrit de longues traditions. De la Téranga nous avons l’équivalent, le mot chargé au plus haut degré de cette humanité que nous sommes en danger de perdre : l’hospitalité. Celle-ci élève à son sommet la relation à l’autre (voir p.76 et s.) « L’être-liberté s’y épanouit, se fait concret, se fait vie.

          Prendre en compte les grandes lois de la nature n’est pas encore le fait de la Gauche. Il est aujourd’hui impossible de dire qui porte l’avenir. Ce qui est certain c’est que la Droite tourne le dos à cet avenir.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.