C’est le cri que pousse une jeune écologiste de 20 ans, en mal d’injustice, devant un aréopage de repus jouant, en leur schizophrénie, les affamés de raison, et possédant en leur expertise journalistique, la vertu du juste équilibre.
Confrontée hier dans une émission politique du samedi soir au directeur d’un hebdomadaire bien pensant de 40 ans il lui faut débattre de la valeur travail, sujet de ce jour de manifestation à l’encontre de la loi sur les retraites. Mais cette valeur dépendant de tant de variables contextuelles la vraie question devient celle du jugement qui peut être porté sur notre système social. Le capitalisme est bientôt sur la sellette. Elle est clouée sur place par un vieux routard du journalisme lui assénant que tout prétendant à une alternative a fait bien pire. L’assistance approuve ou se tait .La jeune écologiste est seule. La bienveillance commerciale de l’animateur montre un certain signe d’agacement. Elle est seule. Son discours n’est plus audible. Il n’est plus qu’un cri.
Du point de vue développé dans ce blog, c’est elle qui est dans le vrai. Qu’à tout le moins chaque point de vue soit respecté par les gens de média comme pouvant être fondé. Ces gens n’ont pas pour fonction, ils se l’attribuent souvent, de défendre une pensée unique.
Ce blog oppose à cette pensée satisfaite une insatisfaction totale. Je partage l’opinion de Simone Weil, celle du début du siècle : notre système social est complètement absurde. Une poignée de non humains la domine, un solide rempart de comblés protège cette poignée, un amortisseur de satisfaits achève le travail de protection, le très nombreux reste se débrouille, subit ou souffre.
Les deux intervenants de l’émission, la vingtaine contre la quarantaine, débattent de qui souffrira de plus d’injustice devant les 3 degrés supplémentaires annoncés pour 2070. J’espère atteindre les 90 ans dit le plus âgé, et j’en souffrirai également. Il aura sans doute jusque là mangé à sa faim et aura vécu sous la protection du climatiseur.
A la résignation de ceux qui sans doute la mort dans l’âme mais le met dans l’assiette rejettent sur l’imperfection humaine l’impossibilité de mieux faire ce blog répond en tentant de fonder sur une conception ontologique, une réflexion sur l’être, sur la naissance, la certitude que nous sommes nés pour mieux faire et que nous serons à la tâche et dans une souffrance à laquelle nul n’échappera tant que nous n’aurons pas beaucoup mieux fait.
Les corrections à apporter au système social et économique que consent le négateur d’alternative pour pallier les inconvénients climatiques et non écarter le capitalisme, l’indispensable, ignorent que c’est le capitalisme qui nous a amené à l’état où nous sommes, et ce par une dynamique propre qui lui fait retarder le plus qu’il peut les mesures à prendre. Au risque d’intervenir trop tard.
Ce défi à la raison m’a fait me lever de bon matin.
Epilogue
Dans sa deuxième heure l’émission reçoit Roberto Saviano, l’auteur de Gomorra., lequel vient de publier un ouvrage intitulé : « Crie-le ! »
En sous titres : « Trente portraits pour un monde engagé »
30 cris, auxquels toute la rédaction a communié.
La jeune écologiste n’était plus là.