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Billet de blog 13 janvier 2026

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Le spectre de Marx

L'espérance révolutionnaire est possible

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

       Je prends connaissance hier d’une page du Monde des livres du 8 novembre 2024 consacrée à la réédition du livre de Derrida « Spectres de Marx » ! Derrida y poserait la question : l’espérance révolutionnaire est-elle encore possible ?

          A la question, je réponds oui. A l’image de spectres, j’invente mon spectre, je la vis. Elle me hante. Particulièrement depuis hier, le jour d’une bataille encore perdue. J’y dénonçais la raison de dire non à la question.

          Cette raison est que la gauche qui a encore une audience, celle que l’on entend, dénonce brillamment les symptômes mortifères du capitalisme, mais se tait soigneusement sur les causes. Elle se fait ainsi complice du système qu’elle pourfend dans les détails mais auquel elle a conféré une sorte de légitimité. C’est comme ce berger qui crie au loup à tous moments mais qui, quand le loup est vraiment là, n’est plus audible. Mediapart participe à cet égarement. On veut croire que c’est par suffisance davantage que par duplicité.

          Dans Le Monde du 10 janvier 2026 les philosophes s’interrogent sur les raisons de la guerre : « Pulsion irrépressible ou aboutissement de processus historiques et sociaux ». Ma philosophie se fait une idée assez forte de la liberté humaine pour penser que la somme des libertés existant dans la multitude est assez puissante pour être capable de dompter l’avidité irrépressible se manifestant chez quelques-uns.

          Mais l’histoire du jeu de « nos libertés », de nos subjectivités, montre que le rapport à soi, qui devrait être équilibré par le rapport à l’autre, a, dans un premier temps, dont il nous incombe de réparer les outrages, donner avantage au violent, au fourbe et qu’il  a su imposer les règles d’un jeu social qui l’avantage. Ainsi vivons nous actuellement en régime capitaliste.

          Ce vice d’origine s’il avait été analysé, compris, dénoncé aurait du retirer à la propriété accumulatrice la sacralisation dont elle bénéficie. Elle aurait du substituer aux nombreuses batailles engagées pour en combattre les horreurs les plus criantes  un procès définitivement gagnable.  Ces batailles ont été en définitive des points de fixation trompeurs. Mon premier billet de blog intitulé « Mediapart complice ou sidéré » relate le procès que je mène à cet égard depuis longtemps. Le spectre de Marx y hurle dans le silence d’un média conçu pour dégager les voies d’une révolution nécessaire, Cynthia Fleury parlerait d’abolition.

          Telle est la première cause qui fait que l’on attende encore que révolution se fasse. J’ai voulu hier, pour la première fois, publier plusieurs billets le même jour,  pour en exposer une deuxième. Il est habituel d’exposer une conception géopolitique sans tenir compte du contexte philosophique d’où l’on parle. Il n’est cependant pas indifférent  de savoir si celui qui parle est matérialiste, spiritualiste, idéaliste, réaliste, ou quelle part il fait à chacune de ces formes de pensée. N’y avoir pas pensé offenserait une Hannah Arendt si citée. Qu’on le veuille ou non, chacun véhicule une idée, l’absence d’idée en étant une. La question mérite une exposition et exige un débat, auquel se dérober est une faute contre-révolutionnaire. La vérité, le vrai plutôt, est seule révolutionnaire. Le mensonge est réactionnaire, passéiste, reconduit au néant.

          Je défends une conception réaliste faisant leur part à plusieurs dimensions dont l’une est matérielle et l’autre immatérielle. La dimension immatérielle est couramment nommée « spirituelle ». Il convient d’éviter les pièges d’une terminologie trop marquée. De ne pas ranger dans les spiritualistes intégristes alors opposés aux physicalistes intégristes. Il s’agit de juger sur pièce. Quatre billets exposent une conception du spirituel. Il faut les lire dans l’ordre chronologique 1,3,2,4, une alchimie complexe ayant inversé les 2 et 3. La matière est assez difficile pour ne pas être rendue plus complexe par des erreurs d’intendance.

          Un siècle peut-il être requis d’être spirituel ? La question a été posée pour le siècle que nous vivons sans que personne ne sache ce que cela voulait dire. Le premier billet, introductif, formule un plan d’exposition.

          La démarche des deux billets suivants est à la fois rationnelle et spirituelle. Les deux démarches se rejoignent pour constituer pour ma part un couple indestructible.

          La démarche rationnelle consiste en l’élaboration d’une ontologie qui conclut que l’univers EST. Être est un attribut volé au divin et confisqué. Participer à du divin pour les habitants de l’univers, cela n’est pas rien et exige une révolution. Mais s’il a pu en être crédité c’est en supposant que l’univers, dont la dimension matérielle ne peut être contestée, a également une dimension immatérielle, spirituelle.

          Le deuxième billet (3e dans le blog) rappelle cette quête ontologique, rationnelle, et relate ce qui  me permet maintenant de ne plus faire que supposer un immatériel, mais vivre vraiment « du » spirituel, une présence.

          Le troisième billet sur l’existant revient un peu sur ce que cela ajoute à l’existant que d’être et le conduit vers la révolution. Marx est content. Il n’est pas suffisant. Il  consent de s’être trompé sur la voie à suivre pour faire le bonheur des hommes dès lors que ce bonheur est en vue.

          Le quatrième billet ajoute une petite note à la chose. Il y aura toujours, toujours des notes à ajouter.

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