CETTE CLASSE « INFERIEURE » QUI VA PAYER LE PRIX DU « QUOIQU’IL EN COUTE ».
Le qualificatif « inférieur » ne tient ici qu’à une question de vocabulaire. Il a valeur topographique. Des départements périphériques, s’abaissant vers le niveau de la mer, ont pu être requalifiés maritimes après l’avoir été « inférieurs ». Devant le nouveau culte de la classe moyenne il y a bien celle qui est au dessus et celle qui par son niveau de revenu, son mode ou son lieu de vie ne peut qu’être située « en dessous ». une « lumpen-classe » qui, à l’instar du lumpenprolétariat, prolétariat en « haillons », peuple déclassé, pourrait être regardé par un nouveau marxisme, comme une « lumen-classe », porteuse de la lumière du monde.
La querelle sur la détermination des bénéficiaires d’un rabais sur l’essence illustre la chose. Le rabais est l’une des mesures qui, limitées à un plafond de vingt milliards d’euros, sont offertes par le pouvoir, pour sans impôt nouveau, fournir l’apparence que celui-ci se préoccupe du pouvoir d’achat alors qu’une inflation s’observe, promise à excéder de beaucoup ce plafond. Il ne fait que dissimuler ce faisant que les classes supérieures seront épargnées de toute contribution au coût des anciennes largesses car, dans un système monétaire qui confie au seul secteur privé le soin de l’affectation des ressources ces classes, par ailleurs fort bien protégées contre l’inflation, ne doivent pas être découragées d’investir.
Ce sont donc les classes moyenne et inférieure qui paieront cet impôt n’avouant pas son non qu’est l’inflation, fiscalité véritable et aveugle. Les partis d’opposition, au gré des clientèles électorales qu’ils se disputent, cherchent donc à favoriser qui la classe moyenne, qui la France d’en bas. Le pouvoir qui, sans doute par crainte de sa plus grande combativité de rue, avait préconisé un système plus favorable à la seconde, un rabais accordé selon les besoins, obéit naturellement à sa tendance droitière et cède au défenseur de la classe moyenne en consentant un rabais selon le confort. La chose n’a qu’une importance relative, le rabais n’est qu’un baume. Cela occupe les esprits et les éloigne de la véritable critique portant sur la démission de la puissance publique pour faire prévaloir l’intérêt commun dans la gouvernance de l’économie.
L’épisode me fournit simplement l’opportunité d’ajouter un court billet à un blog que je pensais clôt et de souligner la spécificité de la conception qui y est défendue. Blog fort éloigné du point de vue sociologique et politicien et substituant à ce point de vue celui, trop exigeant pour une humanité démissionnaire, d’une perspective ontologique.
La Nouvelle Unité Populaire a su rallier à une certaine radicalité un ensemble de politiques trop tentés par la modération en raison d’un court-termisme ou d’un insuffisant effort doctrinal. Le temps a manqué pour fonder cette radicalité sur une commune conception, ne fut-elle qu’une hypothèse ayant chance d’être auto-réalisatrice, telle celle formulée dans ce blog et reposant sur la liberté de chacun. Une radicalité n’excluant pas le compromis mais n’autorisant pas la compromission.
Hypothèse ontologique en ce sens que sensible au phénomène d’individuation qui est la marque de l’évolution les catégories ou classes sociales cèdent la première place dans l’étude du phénomène humain à une réflexion sur l’être, être du cosmos, de l’univers. Etre de la Nature dont l’expression entravée est appelée à culminer en l’individu humain dès lors que celui-ci se maintient solidaire et porteur de la richesse qu’il retire de son insertion dans plus grand que lui et qui ne lui appartient pas.
Nul ne peut se prévaloir d’une qualité humaine supérieure à celle du plus déshérité car, de ce dont est privé celui-ci, il est comptable.