Il s’agit de l’émission « C Politique » du dimanche 23 février 2025.
Un débat qui apparaît de haute tenue à des amis cependant très à gauche, et qui l’est. Un politologue, un ambassadeur de France, une philosophe, une historienne, un écrivain à la critique très incisive, un animateur fort pondéré et savant, animés par des valeurs démocratiques authentiques débattent sans s’interrompre et ont à répondre en premier lieu à la question : si vous étiez auprès du Président Macron dans l’avion qui l’emmène vers Trump, que lui conseilleriez vous ?
Quant à moi je lui conseillerais de faire un solide examen de conscience avant d’y aller. De se rendre compte qu’ avec sa politique de l’offre qu’accompagnent nécessairement une privatisation de l’économie et un retrait de l’Etat il a remis le sort des français au bon vouloir des leaders du capitalisme financier, et qu’il vient plaider devant plus libertarien que lui. Lui, il est, pour un court temps sans doute, encore dépendant d’électeurs, d’une opinion qu’il faut pouvoir tromper. Eux, membres de ce monde que lui Macron jusqu’à maintenant vénère et sert, sont complètement désinhibés. Les milliardaires ne veulent plus payer la moindre taxe, ils répudient ce qu’il reste d’Etat « redistributeur » et entendent encore augmenter leur domination prédatrice.
Alors Président Macron, répudiez votre politique et contribuez à restaurer la vérité contre le mensonge et restez en Europe, ou continuez de servir ceux dont vous avez fait le lit et demandez à Trump simplement un sursis, un peu de patience avant d’installer l’ordre libertarien que comme lui vous prônez, en invoquant les résistances qui, pour si peu de temps sans doute, ont encore une certaine robustesse.
A cette résistance les participants au débat n’ont donné aucun aliment. Ils ont continué à discourir de nos valeurs démocratiques comme si chez nous elles n’avaient pas déjà cédé à l’argent l’essentiel de leur substance, Comme si, nos milliardaires, de plus en plus, chaque jour, déformateurs de l’opinion, ne faisaient de peuples asservis les soutiens de leur pouvoir.
L’ambassadeur s’est complu dans les analyses fines et brillantes de surface dont il est coutumier.
L’historienne n’a pas consenti à voir que la situation était complètement inédite et demanderait d’être complètement repensée.
La philosophe n’a pu avouer que la philosophie, en charge de cette pensée, avait renoncé à sa mission de chercheuse d’un sens pour se vouer au pur empirisme, laissant la violence dire le vrai et le Droit.
L’économiste n’était pas là pour dire qu’il y avait une alternative au capitalisme et qu’un effondrement économique ne pouvait pas être exclu. Ni l’écologiste pour rappeler l’état de la planète. Le politologue alors parlait dans le vide.
Un vide complet dans lequel nous flottons. Reprenons la maîtrise de notre parcours, remettons nous debout.