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Billet de blog 27 mars 2025

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LE  GROENLAND,  TERRE  DISPUTEE

le droit international est un ordre juridique supérieur à tous les ordres juridiques étatiques. Il délimite leur domaine de validité respectif. Il est seul souverain.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

         Je situe le débat  sur le terrain du Droit. L’éclairage que peut donner Hans Kelsen doit être utile. Le décès de Jacques Bouveresse précédant de peu la conférence qu’il devait consacrer notamment à  Kelsen nous prive d’une science bien rare (v. billet 1er avril 2024).

          Lire la « Théorie pure du Droit »  (Dalloz 1962, cité KH) en prenant départ de l’ontologie proposée dans ce blog et reprise dans un petit essai qui est sur le point d’être publié par les Editions les 3 Colonnes est un éblouissement. Dans son Titre V, intitulé 34, Kelsen est à la recherche d’une norme fondamentale. C’est une démarche ontologique, recherche d’un fondement, lequel donnera sens au fondé. J’ai proposé à cet  effet l’être-liberté, lequel n’est pas comme le Sein de Kelsen un simple fait, mais un exister qui …est, et auquel il peut être donnée la figure d’un foyer …

          Comme si un grand feu embrasait un combustible jusqu’à le faire éclater en mille braises suspendues entre deux désirs, celui de conserver le lien avec la chaleur vitale et celui de gagner les plus lointains pour s’inventer singulières et découvrir la manière de se conserver braises, ensemble, afin que le foyer vive. Le grand feu ne s’éteindrait jamais mais les braises auxquelles il est donné d’accéder à la pensée et à la volonté peineraient avant de prendre conscience de leur désir, de le penser, de le vouloir et de le satisfaire.

         En sa recherche Kelsen parvient à une conception identique à celle qui résulte de l’ontologie que je propose,  empruntant la voie transcendantale propre à toute ontologie mais par des chemins très différents des miens. Deux thèses s’affrontent, accordant l’une la primauté à l’ordre juridique étatique,  la seconde à l’ordre juridique international. Cette dernière thèse doit être reconnue : le droit international est un ordre juridique supérieur à tous les ordres juridiques étatiques. Il délimite leur domaine de validité respectif. Il est seul souverain (KH, p. 290).

          Pour Kelsen cela résulte d’une logique transcendantale extrêmement développée dans son livre qui ne peut atteindre la norme fondamentale que par extrapolation, Kelsen utilise le terme  de supposition. Or un Etat ne suppose pas la norme, il la pose (KH, P.291). Il s’agit du même type de raisonnement qui m’a fait écarter tout départ de la réalité explorée par l’ontique afin de découvrir qu’un existant ne pouvait  être dit Être, c’est-à-dire sans commencement ni fin,  qu’en justifiant de son caractère infini.

        La proposition que je fais est la seule présentée qui reste debout après celle qui ont pris départ de l’ontique et n’ont pu s’élever au dessus de celle-ci. Celle de Heidegger qui revendiquait pourtant de réparer une erreur fatale en luttant contre l’oubli de l’être. Celle de Tristan Garcia qui posait la question mais conservait à l’être une substance de principe que, par un processus d’abstraction, il tentait de réduire à un résidu. Il nommait celui-ci  « le plus petit commun distinct », mais si   petit qu’il soit il avait encore un caractère ontique. Celles où l’on peut voir également une tentative d’abstraction, par voilement de la réalité avec la phénoménologie ou de réduction de cette réalité à un monde vidé de tout contenu, mais bien artificiellement, avec la cosmologie.

         Cette proposition interdit, non par décision normative, mais en vertu de sa normativité intrinsèque, toute domination de l’homme par l’homme. Aucun citoyen du monde ne peut donc être privé de son égale participation à la détermination de l’ordre juridique qui gouvernera ce monde, ceci dans le respect des communautés qui peuvent se constituer.

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