L'âge de bronze de la République

Sous les bronzes, la république

Le Maître des Horloges

C’était en effet ainsi qu'il se définissait lui même, et c'était ainsi selon sa propre volonté qu'il fut présenté et proclamé tambours battants lors de son intronisation retransmise en direct à la télévision par une presse de chiens de garde aux ordres, dont le plaisir mal dissimulé et l'insistance des présentateurs ne cessant de marteler ce message en glorifiant ainsi leur idole trahissait connivence obéissance et une soumission sans faille qui allait jusqu'au ravissement le plus complet, ce qui les rendait totalement ridicules et grotesques.

Cette béate-attitude absolue révélait toute l'ampleur des dégâts infligés à cette presse et le degré d'abrutissement qu'elle avait atteint, consécutivement à cette intromission dont elle avait été la victime, par la force et la ruse, furtive, lente et insidieuse, une profonde pénétration par derrière perpétrée patiemment et sans bruit par les milliardaires eux mêmes pendant de nombreuses années, profitant de sa faiblesse, s'insinuant jusqu'au plus profond de celle-ci pour en soustraire, manipuler et détourner à leur profit toute l'information, ce précieux et fondamental pilier de la démocratie, faisant ainsi main basse sur le quatrième pouvoir.

Ils étaient ainsi parvenus à force de persévérance, connivences fourberies et trahison, à se hisser à la manière des  "premiers de cordée"  jusqu'au plus haut sommet de l'État pour s'en emparer, et avaient réussi comme cela de septennats en quinquennats à en prendre entièrement possession, et s'établissant ainsi, à en contrôler progressivement tous les rouages, ceux de toutes les institutions et ceux de tous les contre pouvoirs...

Et ce nouveau relayeur pour cinq ans dont c'était le tour et que l'on conduisait aujourd'hui sur le trône dont il promettait une blancheur immaculée à l'image d'une République exemplaire, venait, s'asseyant sur le peuple et s'en torchant, s'emparer du pouvoir tel un illusionniste paré des meilleurs habits bluffant tout le monde, déguisé masqué et grimé dans une panoplie de Zorro aux allures d'un monsieur propre parfumé à la rose.

Il en serait donc ainsi à l'entendre promettre en marche avant d'être élu faisant campagne plus d'un que l'on torcherait bien et proprement avant de les remplacer ...

Et peu importe le parti des remplaçants... Ce serait de toutes manières une république exemplaire.

L'heure était à l'érection générale ...

...du soit disant maître bien sûr que cette presse érigeait en véritable statue ...
...de ces chiens de garde aussi qui n'étaient en réalité qu'une bande de moutons à deux pattes, sortes de bricolages OGM mi-humain  mi-mouton un tiers molosse, hybrides sans boule et à deux balles, des trous de balles sodomisés par des oligarques qui en avaient retiré la cervelle la moelle et les tripes par atomisation et sublimation après lobotomie, ils avaient la trique érectaient comme des ânes sans honte et sans pudeur et se faisaient plaisir dans un orgasme interminable et ininterrompu jamais assouvi, à la seule vue de leur maître magnifié tout puissant.

Présentant ainsi ce maître à la télé, ils en perdaient la tête et leur latin, et dans leur voix retenue lente un peu tremblante, d'une gorge serrée ayant du mal à déglutir transparaissait un bonheur absolu. Ils en pleuraient presque, et ne trouvaient plus leurs mots, il n'y avait à leurs yeux pas de mot assez grands, assez beaux, et à les entendre on aurait pu imaginer qu'ils bombaient le torse, tant ils étaient fiers, aux petits soins affairés.

On eut dit même qu'ils se délectaient littéralement de pouvoir lécher les bottes le cul et la cuirasse dont ils paraient leur maître, de cette langue chargée sale et dégueulasse si particulière et propre à ce genre de média, et dans cet exercice où ils excellaient, ils ne cherchaient là, et n'étaient visiblement là, en bons faux culs qu'ils étaient, obéissants et vendus, que pour magnifier un peu plus ce prétentieux, cet imposteur, qui se prenait pour le maître des horloges et qui n'était en fait rien d'autre qu'un de ces traîtres, un de ces valets que désignent les maîtres de la finance mondiale pour pouvoir soumettre et maintenir l'humanité dans un état d'esclavage permanent.

C'était un spectacle lamentable... ils étaient pitoyables !

Même à quatre pattes sous le joug montés enfilés et soumis, ils restaient malgré ça heureux et fiers...
Dénués de toute conscience ils assumaient pleinement leur rôle de corrompus qui faisaient d'eux en contrepartie des privilégiés, ils n'auraient pour rien au monde laissé leur place même si pour cela il leur fallait en toute connaissance de cause, trahir, mentir, marcher sur la tête de tous, vendre père et mère, au lieu de rechercher la vérité, et ainsi donc si il leur fallait seulement obéir, ne dire que ce qu'on leur demandait de dire.

Leur maître était là ... qu'on se le dise ... pour remettre de l'ordre et les pendules à l'heure à tous ceux qui avaient vraiment déconné...

... dans cette "putain de République"... pendant tant d'années.

Zorro était là... enfin ! ...

Et à en croire ces déféqués, ces pros de la Fake New, qui maniaient avec une grande virtuosité aussi bien la langue de pute que celle des lèche culs et des faux culs, on allait avoir du grand Zorro et du grand monsieur propre !

Le Maître des Horloges en personne était là ... rien de moins ! ...

Mais il n'en était rien... Il n'était en réalité à propos des horloges et du temps qu'un moindre maître... Ces qualificatifs de maître des horloges ne pouvant lui être appliqués qu'au regard du peu de temps restant qui lui avait été imparti pour remplir sa mission de balayeur de rue, face à l'urgence qu'il y avait à mettre fin in extremis à de multiples scandales... et au rythme sur lequel il enchaînez les coups bas face à l'indignation et les de plus en plus nombreuses contestations qui en résultaient... Ces mots prenant alors effectivement là leur véritable sens... une toute autre signification... une autre dimension...

Et il s’avéra bien... plus tard effectivement... que nous eûmes hélas, une fois de plus encore une république de blanchisseurs pour des blanchiments en tous genres.

Rien ne pouvait changer en fait car c'était bien toujours les mêmes qui se passaient le même témoin, comme dans les courses de relai, et à chaque fois c'était pareil, le suivant venait au secour couvrir le précédent recouvrant ainsi des bronzes encore fumants chauds et puants des quinquennats précédents...

Là ils promettaient monts et merveilles ... qu'ils changeraient le monde ... qu'ils changeraient de monde...

Mais cette fois ci les promesses ne suffiraient plus, ça sentait tellement mauvais qu'il avait fallu aux oligarques ce coup là trouver un nettoyeur haute pression de haut vol...

... et ça tombait bien, ce Zorro à l'envers en était, il l'était dans tous les sens du terme ! ...
il fût un Zorro exemplaire au service des oligarques... ayant pour mission principale et prioritaire celle de décrotter les trônes de ses prédécesseurs mis à jour dont tout le monde avait pu constaté la saleté repoussante après que quelques lanceurs d'alertes avec l'aide d'internet balançant les bronzes lors de journées portes ouvertes eussent grand ouvert les yeux de tous découvrant ainsi épouvantés derrière les portes blindées déverrouillées et poussées des cabinets, les épaisseurs impressionnantes de crotte recouvrant les trônes ...

C'était très sale ça sentait très mauvais et bien sûr c'était toujours la merde des autres, celle de ceux qui l'avaient précédé... ce n'était pas sa faute...

Ce ne pouvait pas être la sienne il arrivait à peine....

Mais les analyses d'un carottage des différentes couches superposées parlaient d'elles mêmes et en disaient long sur sa présence auparavant et sa participation dans l'immondice.... On y retrouvait bien sa trace... Il n'en était effectivement pas à son premier bronze...

On était bien loin des promesses d'un trône blanc immaculé.

Et l'épée justicière de ce Zorro là ... était bien la balayette à chiotte et le détergent, symbolisant les lois liberticides qu'il mettait en place.... l'attirail de guerre de ce nettoyeur véritable bousier des surfaces, ... des trophées extirpées, gagnés au nom de la finance par ce balayeur tout terrain dans des bagarres de rue extorquant tabassant tel un sourd estropiant éborgnant son peuple, et le muselant, légitimant ainsi le secret des affaires, entre autres, par ces combats de rue qu'il provoqua pour les dénoncer...

RIDEAU ! , ...

On ne touche pas à l'intimité du maître !...
La porte doit rester close lorsque le maître coule un bronze....

Les promesses de campagne il les tiendrait à sa façon...
De l'or pour les premiers de cordée, des bronzes pour le peuple...

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