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Billet de blog 8 mai 2024

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Bulletin mensuel des observations des expulsions dans le Calaisis - Février 2024

Depuis 2017, HRO a pour mission d’observer, documenter et dénoncer les violences d'État quotidiennes perpétrées à l'encontre des personnes en situation d’exil à la frontière franco-britannique. Cette note mensuelle reprend nos observations pour le mois de Février 2024. Les entraves aux observations étant nombreuses, ces chiffres sont à prendre comme un extrême minima.

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Chiffres concernant les expulsions des lieux de vie informels :

  • Au moins 75 expulsions de 9 lieux de vie informels ;
  • Au moins 38 personnes exilées arrêtées lors des expulsions ; 
  • Au moins 23 mineur.e.s isolé.e.s étranger.ère.s rencontré.e.s ; 
  • Au moins 145 tentes dont au moins 9 remplies d’affaires personnelles volées ; 
  • Au moins 36 couvertures, 5 chaises et 10 matelas volés, ainsi que 111 palettes et beaucoup de bois, essentiel pour se réchauffer autour de feux.

Les faits de violences systémiques subies par les personnes exilées enregistrées par HRO :

Lors de toutes les opérations d’expulsion des lieux de vie, les agents de police étaient surarmés (LBD, matraques...)

  • Les 13, 18 et 27 février, ils ont utilisé leurs matraques pour secouer les tentes et inciter les personnes exilées à en sortir. Les forces de l’ordre criaient "allez, on sort", "tu bouges" ou encore "allez levez-vous", sans solliciter de traducteur.
  • Les 2, 9 et 15 février, les forces de l’ordre ont repoussé les personnes exilées au delà d’un fossé rempli d’eau. Les personnes ont dû traverser le fossé tout en portant à bout de bras leurs tentes et autres effets personnels. 
  • Le 27 février, un CRS s’est réjoui de voir les agents de nettoyage détruire les abris des personnes exilées en s’écriant "bravo !".
  • Le 13 février, un agent de la Police Nationale et un traducteur ouvrent une tente sans prévenir son occupant au préalable.
  • Le 27 février, un lieu de vie a été entièrement vidé par la société de nettoyage mandatée par l’État pour intervenir lors des expulsions. Tout le matériel permettant aux personnes de survivre sous les ponts a été volé : tentes, couvertures, effets personnels...

Ces stratégies de harcèlement contribuent à rendre la vie à la frontière impossible pour les personnes exilées. Elles entrent dans le cadre de l’application de politiques dissuasives motivées par des arguments racistes tels que ceux portés par lesdits "gardiens de la paix" : "on peut pas accueillir toute l’Afrique" (un CRS, le 27 février).

Chiffres concernant les entraves et/ou intimidations des forces de l’ordre envers HRO

Ce mois-ci, HRO a comptabilisé 59 tentatives d’entrave et/ou d’intimidation, dont :

  • 5 contrôles abusifs ;
  • Les membres ont été filmés sans avoir été prévenu.e.s au moins 7 fois et 7 fois avec des téléphones personnels.

Les faits d’intimidations et/ou de violence subies et enregistrées par HRO :

  • Le 7 février, un CRS s’est vu contraint d’abandonner le contrôle d’identité auquel il s’apprêtait à procéder lorsque l’équipe HRO le questionne sur les bases juridiques l’autorisant à le réaliser
  • Les 7, 13, 15, 18 et 29 février, des agents de police ont filmé les opérations d’expulsion avec leurs téléphones personnels. Lorsque les membres HRO rappellent au CRS le caractère illégal de la captation d’image d’une personne privée sans son accord, il répond : "si je le fais c’est que j’ai le droit".
  • Les 13, 15 et 27 février, des CRS ont bousculé et attrapé des membres de l’association par le bras pour les inciter à quitter le lieu de vie.
  • Le 29 février, l’un d’eux, surarmé, s’est esclaffé : "on aurait dû prendre le pshit pour les faire fuir eux [HRO]".

Les abus de pouvoir des autorités envers les équipes HRO sont monnaie courante pour intimider les membres et limiter leur travail de documentation. Ainsi, pour invisibiliser les violences institutionnelles à la frontière, les autorités n’hésitent par à outrepasser leurs droits.

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