Étrange, il n’y a pas que sous les « dictatures arabes » qu’ un petit nombre siphonne la moelle du pays. Bizarre, la redistribution sociale en France est plus horizontale que verticale selon le très marxiste concept de classes. Comment ne pas évoquer cette nuit du 4 août 1789, sans faire d’anachronisme ?
1 – Quelques parallèles troublants :
Dans cette France essentiellement paysanne, une série de mauvaises récoltes entre 1780 et 1788 ont provoqué famines, spéculations sur le blé par les « affameurs », et révoltes des plus pauvres contre leurs Seigneurs.
Loin, en Amérique, la lie de l’Angleterre, exportée là bas pour ne plus gêner ici, refuse de payer les impôt (notamment sur le thé) de sa Royale Majesté. Une indépendance, une libération des colons vis-à-vis de la métropole anglaise sont admirées par tous les intellectuels de l’époque, dont l’élégance roturière de Monsieur Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais.
La séance du 4 août 1789 de l’Assemblée nationale rappelle aux députés que les révoltes agraires touchent les intérêts de la noblesse et ceux de la bourgeoisie enrichie dans le foncier.
Comme le raconte Jean Tulard, historien, dans son article « QUATRE AOÛT 1789 NUIT DU » de l’Encyclopaedia Universalis © 2010 « Le 4 août au soir, le vicomte de Noailles, seigneur ruiné, réclame l’abolition des privilèges fiscaux, la suppression des corvées et de la mainmorte (droit de succession du seigneur sur les biens de ses vassaux). Il est appuyé par le duc d’Aiguillon. L’Assemblée, d’abord réticente, se laisse entraîner par un véritable délire qui a frappé tous les contemporains. « On pleurait, on s'embrassait. Quelle nation ! Quelle gloire ! Quel honneur d'être français ! », note un témoin. Disparaissent d'un coup, dans l'élan qui emporte l'Assemblée, les corvées, les justices seigneuriales, les dîmes, la vénalité des offices, les privilèges fiscaux des provinces, des villes et des individus. »
2 – Quelques interprétations équivoques :
Le socle du pouvoir peut chavirer pour une affaire de mœurs. Les Seigneurs, fussent-t-ils progressistes, sont attaqués par ceux qu’ils protègent.
Le principe inamovible de l’Impôt vacille sous les preuves de son iniquité. Une classe, dite moyenne, est considérée comme médiocre par les 50 000 Français les plus riches et comme cible par les 10 000 000 de français les plus pauvres. Elle ne sert plus de tampon aux réformes parce qu’elle rejoint dans la pauvreté les précaires.
Des « milliardaires » jouent à la finance la dette des États comme au casino. Mais ils savent qu’ils ont eux-mêmes truqué les dés. La conscience de leur omnipotence ne les taraude pas de remords quand ils ruinent un pays, mais si peu quand ils prétendent faire la charité à leurs victimes. Les peuples ne sont que des variables d’ajustement à l’expression de leur puissance.
3 – Quelques uchronies antérogrades :
Le Parti Socialiste remporte les élections présidentielles et législatives. La vague rose ne peut empêcher la déferlante des « indignés » qui réclament d’abord justice, puis vengeance. Et vint le temps de la Terreur car il ne manque pas de prétendants au rôle de Robespierre.
La Droite actuelle remporte, par défaut, la présidentielle pour empêcher le candidat d’extrême droite présent au second tour d’accéder à la magistrature suprême. C’est un tourbillon d’invectives et des tornades d’actes sanglants de la part des extrémistes de tout poil au nom de la justice. Le ferment de la révolution explose comme dans le Maghreb.
Contre toute attente, le candidat écologiste accède à la Présidence de la République dans une expectative belliqueuse de la part des autres partis politiques. Il déclare l’ancien système comme caduc et réunit les États généraux pour définir les modalités de la constitution d’une VI ième République Françaises sur les cendres des privilèges et des inégalités.