Alea jacta est ! *

Taciturne depuis quelques mois, j’avais décidé d’étouffer ma verve humaniste et militante par dépit car las de l’indifférence collective face aux enjeux historique qui nous guettent. Demeurer un observateur silencieux alors que tout mon être tremble d’indignation m’est impossible. Comment rester neutre face à la déchéance de rationalité tantôt des élites, tantôt du peuple lui-même ?

L’horizon médiatique et politique prend des allures de cirque ou la dextérité verbale permet de jongler avec le cœur des plus vulnérables. Leurs allocutions semblables à des plaidoyers faisant l’apologie d’une grande peur et d’idées autrefois combattu jusqu’au sang aux périodes sombres de l’histoire n’ont pour objectif que de fédérer un pan de la nation à des animosités communes, à défaut de vouloir renouer avec la fraternité ils pactisent avec le rejet, « Ils » sont résignés et indifférents aux limites de la morale. Le cri de guerre de ces résignés se fait l’écho d’un balbutiement au gré des soubresauts de l’opinion, ceux qui jadis s’érigés en rempart face aux extrêmes en sont désormais les mascottes faisant davantage basculer le pays dans une psychose identitaire.

Au sein du peuple les cœurs les plus vaillants chavirent mais se redressent par peur du naufrage, par devoir de fraternité, par espoir pour l’égalité et plus que jamais pour la liberté. Il existe de multiples scénarios de triomphe par le peuple et pour le peuple au-delà de toute rhétorique communautaire. Il ne s’agit pas là de détourner le regard alors que le monde se donne en spectacle, ruminer nos angoisses ou de sauver les apparences mais bien de colmater les fissures et consolider notre nation en renouant avec ce qui la rend belle. Les réformes prioritaires se font dans les esprits même si la colère est en gestation, lutter contre les paroles et les actions qui encouragent à la désunion, conjurer les influences malsaines. Certes quelques compagnons de convictions rebrousseront chemin à reculons, mis à genoux par leurs incertitudes mais nous nous serrerons les coudes afin ne pas baisser les bras, un contingent d’indignés contre ces hypothèques sur notre avenir.

Ce texte ne sera qu’un murmure dans un océan de vociférations, mais quiconque partage cette indignation se doit d’écrire ce qui est déjà gravé dans son cœur. Le courage naît sous l’impulsion de la peur et nul n’en est dépourvu.

 Ibrahim.

 

*Le sort en est jeté !

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