1917

1917, de Sam Mendes. A u coeur de l'enfer et de la nuit, on se presse de relire Céline

1917 (de Sam Mendes) Janvier 2020

 

Le Corps, la chair, la guerre mutilante, le corps qui porte, à nu, et qui, souvent, succombe.

L’urgence 

Coûte que coûte

La Mort froide et tranquille nourrit ici la Vie, celle des corbeaux et des rats. On l’enjambe, propulsé par l’urgence de sauver d’autres Vies.

 

La Mort, effroyable et merveilleuse, dans cette boue constellée de visages figés.

La nuit est de feu et l’aurore de turquoise.

 

Les éléments sont de la partie.

L’eau, qui pourrait porter mais qui engloutit.

Le feu qui anime les ruines telles un théâtre antique où se joue la tragédie.

La Terre, grosse de ses cadavres, fleurie de cerisiers brisés.

Le Ciel, porteur de Mort. Et bien sûr, le Métal, qui transperce et qui broie.

 

« Tu lui diras, hein, à ma mère ? Tu lui diras que je n’ai pas eu peur ? » supplie ce mourant à son compagnon de guerre. Proche de la Mort, il est redevenu Enfant. L’urgence à ce moment est celle de la trace laissée, celle du Courage.

 

Les Femmes ont, paraît-il, le courage de porter et de donner la Vie, les Hommes, assurément celui d’affronter et d’endurer la Mort.

La guerre est belle, la mort fascinante. Et « …Il y a des hommes avides de batailles… »

Les hommes en sont les héros, survivants ou crucifiés, anonymes ou médaillés.

 Seule fausse note : le « ça va aller..» , passeport pour l’espoir, délivré dérisoirement comme une cuillerée de sirop à un nouveau-né inconscient de cette tragédie.

 

Au cœur de l’enfer et de la nuit, on se vit Bardamu.

Et on se presse de relire Céline

1917 © sam mendes 1917 © sam mendes

 

 

 

 

Au cœur de l’enfer et de la nuit, on se vit Bardamu.

Et on se presse de relire Céline

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