L'origine des dettes illégitimes 5/6

L'origine des dettes illégitimes 5/6 : Quant les organisations international imposent le droit commercial : Fin des accords de Brettons Woods en 1971 : Quant la France pers sa souveraineté petits pas par petits pas : La capacité financière des banques est devenue supérieur au PIB de bien des états :

En 1947, le 30 octobre est signé par 23 pays le « GATT ». En français : Accord Général sur les Tarifs Douanier. Cet accord multilatéral de libre échange est destiné à faire baisser les prix pour les consommateurs, mieux utiliser les facteurs de production et favoriser l’emploi dans les secteurs où chaque pays détient un avantage concurrentiel.

En 1957, le traité de ROME ou encore TFUE, Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne est établi entre six pays : Allemagne de l’Ouest, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays Bas ; traité instituant la communauté économique européenne. Encore une fois, l’intérêt économique prime sur l’intérêt politique c’est à dire du citoyen.

Le 15 août 1971, les États-Unis déclarent la fin des accords de Bretton Woods. Pendant un temps, il y eut un flottement des monnaies. Toute la réglementation qui régissait ses accords a disparue progressivement. Le dollar est toutefois resté la monnaie de référence puisque les échanges commerciaux internationaux continuaient de se faire en dollars (pétrodollars). Pour autant, ce système monétaire mondial proposé par Harry Dexter White, même s’il n’est pas parfait (loin de là), a permis le redressement et le développement des pays concernés.

Dans les années 1960, les intérêts financiers représentés par « les marchés » considèrent le dirigisme[1] de l’état trop contraignant et finissent par obtenir la reprise progressive du contrôle de la création de la monnaie. Cela s’est fait en plusieurs étapes. Encore une fois, la complicité du politique fut nécessaire. En effet, en 1967 Jean-Yves Haberer (qui fut par la suite directeur de Paribas en 82 puis directeur du Crédit Lyonnais en 86) inspecteur des finances et Michel Debré ministre de l’économie et des finances, mettent en place des réformes, notamment celle actant la fin du circuit du trésor. Ensuite, il faut attendre l’arrivée au pouvoir de Pompidou et de Giscard d’Estaing pour mettre fin au système de crédit dirigé (la France disposait du droit de concéder des avances au trésors pour financer globalement des infrastructures et autres) et selon eux, il était normal voire « moderne » d’emprunter sur les marchés. Ce fut la vision de l’époque impulsée par la pression financière mondialisée.

Cet état de fait a conduit à la dérégulation permettant aux banques d’étendre leurs activités vers de la banque d’investissement, de marché, de l’assurance, tout en restant des banques de dépôts. Leur capacité financière est devenue monstrueuse. Pour certaines, elles sont supérieures au PIB de bien des états. Ils ont créé divers produits financiers comme la titrisation[2] en 1988. En 1990, l’autorisation des produits dérivés (pour certains où l’on peut parier à la hausse ou à la baisse ou la notion de probabilité et d’effet de levier ont leur importance, trop complexe à développer ici). A cette époque, nos dirigeants considéraient l’économie financière plus importante que l’économie réelle, notamment dans le secteur industriel où nous étions, après l’Allemagne en Europe les plus développés. Et pourtant, ils ont délaissé ce secteur au profit du secteur des biens et des services.

En 1989 : le 9 novembre chute du mur de Berlin, réunification des deux Allemagnes suivi de la fin de L’URSS en 1991.

En 1992, le 7 février signature des accords de Maastricht. Ce fut pour des millions de gens une vision d’un monde d’échange en commun pour le bien de tous. Mais ces accords ne sont basés que sur l’aspect économique ; les citoyens européens sont mis au second plan. Il suffit de regarder en détail les articles qui les composent. Encore une fois le droit anglosaxon a pris le pas sur le droit continental.

L’article 104 symbolise l’exemple le plus frappant car il officialise l’interdiction de crée la monnaie (devenu l’article constitue 123 du traité de Lisbonne) il est dit ceci : « les états n’ont plus le droit d’emprunter auprès de leurs banques centrales. …il les oblige à emprunter auprès d’acteurs privés » (qui eux la crée à partir de rien sans contre parti), « à qui ils doivent donc payer des intérêts, et cela rend évidemment tout beaucoup plus cher. »

Certaines lois votées au dit parlement européen ne sont principalement que des textes préétablis par les lobbies économiques qui usent de leur influence pour faire passer des lois en leur faveur. Par ce biais, les états membres ont perdu de leur souveraineté rendant caduques certaines lois des états membre. On peut dès lors parler de subversion des états nation. En effet, ils perdent progressivement de leur substance pour laisser place à une entité supranationale gérée par des créanciers cachés derrière d’immenses capitaux rendus anonymes.

Je vais tenter de développer (plus loin) la notion d’état et de nation.

Le premier jour de l’année 1995 marque la création de L’OMC*, l’Organisation Mondiale du Commerce. Un dispositif à part entière, une pièce de plus dans ce grand échiquier dont les prérogatives sont plus importantes que le GATT (qui se limitait à l’échange commercial du secteur industriel). En effet, le champ d’action de L’OMC s’élargit vers les échanges commerciaux de l’agricultures, des services. Il permet le droit à l’investissement direct des entreprises à s’implanter dans les pays étrangers. Il s’est également doté d’un pouvoir judiciaire dont les décisions prises ont et auront un impact direct sur les états en rendant caduque les règlementations de l’état en question. Plus grave encore, la mise en vigueur des services de L’AGCS*, Accords Généraux sur le Commerce des Services. Dans ces accords, il est précisé dans l’article 19 : l’ouverture à la concurrence totale des services ; il faut voir ici « l’ouverture à la concurrence totale » comme une forme de « libéralisation », se traduisant en réalité par la « privatisation ».

La notion d’état disparaît, tout devient marchandise.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que derrière L’AGCS se trouve un consortium appelé le forum des services européen ; un lobby de plus de 80 entreprises fournisseurs de services de taille internationale qui pour certaines ont contribué à la rédaction de cet accord. On laisse le droit à quelques groupes d’influence de s’accaparer des biens et services sous l’appelation « concurrence ». J’appelle cela de la prédation par effet de levier ; personne ne peut rivaliser. Leur capacité financière est monstrueuse et tout ceci avec des appuis juridiques qu’ils se sont constitués pour eux. Ce qui a notamment conduit à la privatisation des autoroutes, de certains aéroports etc...  Et autres à venir (ils sont en train de tout racheter).

 

[1] Dirigisme : intervention active de l’état dans l’économie.

[2] revente de prêts effectuée aux consommateurs sur les marchés.

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