Athènes, un cri

Avec ses taxis, ses kiosques, ses concerts de rebetiko, ses marchands de fortune aux portes des palaces, ses posters staliniens et gauchistes, ses mobilettes, sUne ville où les malades ne sont plus soignés, où les chômeurs n'ont rien, où un jeune sur deux est chômeur, où les vieux crèvent à la tâche, où même ceux qui travaillent ne peuvent vivre. 
Une ville où on craque, on crie et on crève. 
Une âme fière que de gros bourgeois venus de l'Ouest ont déjà décidé d'abattre, mais veulent d'abord voir ramper jusqu'à l'humiliation totale. 
Vampirisme de la finance, nazisme frigide du Capital, qui massacre un peuple entier sans haine et sans sadisme - anthropophagie glacée.
Voilà leur bilan - pas celui de la "corruption", ni de "la finance", ni de l'"Europe" qu'il n'ont jamais construite. Voilà le bilan du capitalisme. Sans perspective.
Avant-hier, c'était en Bolivie. Hier en Tunisie, en Egypte, au Chili. Aujourd'hui en Grèce. Pour nous, c'est demain.
La révolution - qui a jailli hier des faubourgs de Tunis pour revenir sur plus de vingt ans d'occultation historique - n'a eu le temps de se voir prostituée dans la bouche de ses plus terribles adversaires, en Orient, que pour retrouver tout son sens et son actualité en Grèce aujourd'hui. Elle germe, menace d'éclater. Elle est peut-être déjà là. Je la salue d'avance.

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