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Billet de blog 29 décembre 2025

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Municipales 2026 dans les « territoires » : Ô Toulouse

Toulouse : bastion de la SFIO, puis la gauche paysanne, la mue économique, sociologique et politique des années 1970, la glissade continue du centre mou jusqu’au vautrage dans l’UMP... Tour d'horizon avant les municipales de 2026. 

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Toulouse au sortir de la Seconde Guerre mondiale fut un bastion du SFIO pendant presque 30 ans : 1944 à 1971. La Haute-Garonne, et l’Occitanie de façon globale, étaient alors très rurales, avec une prédominance d’une idéologie assez particulière : la gauche paysanne.

Par exemple mes parents, agriculteurs de la grande banlieue toulousaine, passent alors des labours avec charrue et bœufs au tracteur Massey Ferguson, et se laissent rouler des pelles avec consentement, émerveillement et reconnaissance par le progrès, le confort et le capitalisme qui ne s’appelait pas encore comme ça.

La gauche paysanne, c’est l’intensification de l’exploitation et l’extension des comptes en banque. C’était l’euphorie des 30 glorieuses de la Bourse, et la SFIO ne faisait pas que pousser au cul des vaches, elle tirait bien devant.

Toulouse, pour y revenir, était une grande ferme. J’exagère à peine. Mes beaux-parents, installés dans les années 50 dans un quartier qui est aujourd’hui dans le centre de Toulouse (Côte pavée), avaient pour voisin, au bout du jardin, un troupeau de vaches. 
Un an avant 1972 (mon année de naissance, c’est important), mais 1972 c’est aussi la fin du chantier de Bellefontaine au Mirail, la cité ghetto pour les pauvres et les Arabes (je simplifie). Le grand échec des dernières années de la SFIO locale), donc disais-je en 1971, Toulouse bascule dans un autre bastion, celui du centrisme et du népotisme : la famille Baudis. Le père d’abord, Pierre, puis le fils Dominique, jusqu’en 2001.

La mue, économique et sociologique d’une part (Airbus éclôt à Toulouse en 1970, de nouveaux habitants, ouvriers, techniciens, cadres, et leurs voitures s’installent et chassent les vaches), et politique d’autre part (première officialisation du glissement vers la droite, juste une clarification en réalité), est confirmée.

2001 à 2008, la glissade continue du centre mou jusqu’au vautrage dans l’UMP avec le Lourdais Lourdaud Douste-Blazy d’abord, puis le passe-muraille Jean-Luc Moudenc ensuite. Le fiston Baudis avait amené le métro dans sa corbeille couleur rose brique, Moumou 1ᵉʳ mandat devait innover, laisser sa marque : ce sera le tramway ! 

2008, l’anomalie dans la matrice, le juif tunisien socialiste Pierre Cohen crée la surprise : 50,4 %. C’est passé fing ! Pourtant, le sortant menait une liste d’union UMP-Modem avec Fabien Pelous et son ballon ovale dedans, ça faisait rêver non ? Spoiler : non. Après Jean-Luc, le OSS 117 du 31, le charme de Jean of the Garden en moins, faut croire que les Toulousains ont eu envie d’un peu de Méditerranée ! J’essentialise pas, j’aime la vie, le soleil et les accents ! 

Bref, revenons à Pierre Cohen en 2008. 34 ans de PS au compteur, mais pas vraiment un éléphant. Plutôt un trublion :

– internationaliste de par son parcours personnel : Tunisie, puis Allemagne, puis le Tarn (quoi ?? Le nord de la Garonne, c’est l’étranger, d’abord) et enfin Toulouse la capitale (quoi bis ?? !).

– scientifique, ingénieur informatique de formation (oh ? Comme moi !) );

– Chevenementiste au début (Fouyouyou), se met en congé du parti par désaccord sur la guerre du Golfe, vote non à Maastricht, refait le bisou à Tonton ensuite, mais boude pour la primaire PS aux présidentielles de 2007… Illisible le gars. Et en plus il est pote avec Bertrand Delanoë (ah vous l’aviez oublié lui, hein, avouez !).

Bref, Pierrot, il a UN PROJET pour Toulouse, un seul : un nouveau plan de déplacement urbain. Faut dire que se déplacer à Toulouse nécessite un diplôme de rocadologue. Et… et… et… 6 ans plus tard en fin de mandat en 2014, quel résultat ? Bah, circulez, y’a rien à voir ! (je suis drôle, non ?)

La légende dit qu’il était trop sérieux, trop droit, trop intègre. Pfff, la tuile rose… Un socialiste avec des convictions et des principes, franchement, qu’est-ce qui pouvait bien se passer ? La preuve à posteriori que c’était perdu d’avance : en 2018 il quitte (enfin !) le PS pour rejoindre Génération.s et Benoît Hamon…

2014, complètement déboités ou cons (ce n’est pas incompatible), les Toulousains réélisent Jean-Luc Moudenc, et rebelote en 2020.

Point de situation en 2025 du plan de déplacement à Toulouse : à part un mini et mimi téléphérique qui permet de toiser quelques piscines privées entre 3 stations autour du point culminant de la ville rose : rien. On n’entend plus parler de la 3ᵉ ligne de métro, le prolongement des 2 lignes existantes est parcimonieux et lent, pas de projet de nouveau tramway. Il reste la SNCF (bon, moi je suis à 11 km de la gare la plus proche, c’est ballot). Et les bus Tisséo ! (Et pour ma part : 3 changements de bus pour rejoindre mon boulot de l’autre côté de la ville, j’ai qu’à déménager aussi, chuis conne…). On est de plus en plus nombreux à développer nos compétences en rocadologie, que voulez-vous…

En 2026, Moudenc est candidat à sa propre succession, pour un 4ᵉ mandat. Tout ça pour battre Pierre Baudis et devenir le top 1 du classement de longévité des maires de Toulouse. On a les projets qu’on peut…

Beaucoup, beaucoup trop long ce post.

Donc, municipales 2026, les 4 nominés les plus connus (je fais l’impasse sur les trop nombreux piou-pioux secondaires, hein, sans offense ni rancune, la bise) sont :

– Jean-Luc Moudenc MouMou 4 : LR-Rennaissance-MODEM-UDI (nausée…).

— François Pignon, euh non, Briançon : PS-EELV-PC-Gluglu moov aka Place Publique-Générations-PRG (!) – Nouvelle donne. – MRC et Archipel Citoyen (mais que vont faire ces citoyens toulousains dans cette galère !).

– Julien Léonardelli : RN-UDR. Ce faf est un révisionniste pur et dur tendance JMLP is not dead, et se tire la bourre avec Jordan Bardella dans le concours du siège le plus souvent vide au Parlement européen. C’est aussi le gars qui fait des maraudes dans Toulouse mais pour les SDF uniquement français (véridique, l’association Solidarité des Français a été depuis interdite et qualifiée de xénophobe et raciste par le Conseil d'État). C’est évidemment le genre de personne qui diffuse des fake news inventant des fausses victimes toujours blanches (référence sur demande). C’est enfin le responsable politique qui s’est ridiculisé dans un restaurant toulousain : lui, ses sbires, et quelques journalistes conviés, déboulent dans un restaurant pour une conférence de presse malgré le refus préalable du susdit restaurant. Ranafout, on est chez nous, hein… Bah ils ont fait leur conférence de presse sur le parking à côté.

— And last but not least, François Piquachu, euh non, Piquemal : LFI ET ? LFI tout seul. Complètement tout seul. Absolument tout seul.

Plus récent sondage à ma connaissance, novembre 2025, cluster 17 (sondage bidon donc), échantillon de 768 personnes inscrites sur les listes électorales toulousaines (sondage tout pété, c’est confirmé) : Je copie-colle un extrait de l’article de « presse » en ligne qui cite ce sondage.

« 33 % pour Jean-Luc Moudenc, 30 % pour le chef de file du PS, 23 % pour François Piquemal. Julien Leonardelli serait à 10 %. »

Le « journaliste » d’ActuToulouse ne prend même pas la peine de taper le nom du candidat PS, c’est hilarant.

Et c’est ma chute.

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