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Billet de blog 23 janv. 2022

Pour un nouveau "Siècle des Lumières" / Chapitre 2 : La Primaire populaire 2022

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Pour un nouveau "Siècle des Lumières" / Chapitre 2 : La Primaire populaire 2022/

Les Grandes Manœuvres

Il est très clair pour quelques personnes dont nous sommes, que Médiapart implicitement au moins, soutient LFI et sa ligne, et non seulement par l'activisme énergique de quelques bloggeurs.

Même cet article, "Les partis de gauche opposés à la Primaire populaire durcissent le ton", qui se veut équilibré, par son ton justement, la récurrence de certains arguments et la coda finale, ne laisse selon nous aucun doute : l'article doit au moins être "Mélenchon compatible". Lorsqu'on fait la recherche "primaire populaire" on trouve 3255 occurrences (le mot populaire étant retenu dans différents sens augmente sérieusement le corpus) mais on se rend vite compte du déséquilibre. Il n'y a également aucune occurrence "Mathilde Imer", même si elle est par exemple citée dans l'article ci-dessus sur lequel nous allons revenir ; mais aucun entretien ou article avec son nom en entête n'a été produit. Alma Dufour qui vient de rejoindre l'"Union Populaire de La France Insoumise" (on peut penser que l'agenda été soigneusement calculé) se voit consacrer un long entretien dans lequel le journaliste, Matthieu Dejean, saluons-le, l'interroge : "Le côté très vertical de La France insoumise ne vous inquiète pas, par rapport à l’horizontalité des mouvements sociaux ?". Alma Dufour y indique notamment souhaiter l'investiture "Union populaire" aux prochaines législatives. Rien de cet entretien n'est malvenu ! Mais Mathilde Imer n'aurait-elle pas mérité aussi un long entretien spécifique sur la Primaire Populaire son histoire, ses intentions etc. ? Et même tout récemment un long entretien a été offert par Médiapart à Clémentine Autain pour justifier LFI de son abstention dans la procédure parlementaire de qualification de génocide l'attitude de la Chine à l'égard des Ouïghours !

Nous allons consacrer la deuxième partie de cette intervention à la réfutation des 3 grands reproches qui sont déclinés à l'encontre de la Primaire Populaire et repris à l'envi ! Cette réfutation sera globale et synthétique considérant les lecteurs et les lectrices comme connaissant leur teneur notamment par la lecture de l'article ci-dessus.

1-"LA" vidéo et les propos de Samuel Grzybowski

Saluons d'abord la transparence de la Primaire Populaire où cette vidéo est toujours accessible sur son site avec les commentaires qui l'accompagnent. Nous vous invitons, éventuellement, à voir toute la partie avec Samuel G. (20 minutes environ) et non seulement les quelques premières minutes de ce Zoom interne (mauvaise connexion, extérieur terrasse…) utilisés par certains comptes Twitter. Nous avons-nous-mêmes d'abord été choqués, et puis nous sommes allés voir, et alors nous n'avons plus eu que mépris pour un tel usage.  

Sur la question des banques la réflexion de Samuel G.  est plutôt naïve ! En aucun cas "scandaleuse" : le voudrait-il qu'il n'est pas le Comte de Monte-Cristo qui pourrait faire chanter le banquier Danglars ! "Nous banquiers", il est certain que nous n'indexerions pas nos prêts éventuels à la volatilité des sondages (le cas Macron en 2017 était tout inverse : ce furent les "banquiers" qui le propulsèrent par calcul dans sa "Révolution"). Par ailleurs le levier central sur les sondages pour la Primaire Populaire, c'est bien que les trois-quarts environ des électrices et électeurs de gauche la plébiscitent dans leur désarroi (voir billet ci-dessus), sans pour autant malheureusement toujours aller jusqu'à la seule solution envisageable : la Primaire populaire. S'agissant de la question des parrainages et du "Serment de Romainville" tels que rapportés dans l'article ci-dessus, les cris d'orfraies sont déplacés. Il n'y a, pour notre part, aucune illégitimité à inviter les maires de gauche, qui souhaitent une candidature unique à gauche à la présidentielle, à assujettir leur parrainage d'un candidat ou d'une candidate à sa participation à la Primaire Populaire. C'est même le B-A BA d'une stratégie de campagne ! N'imagine-t-on pas, par ailleurs, les élus de Gauche sollicités par l'Equipe de M. Jadot ou l'Equipe de M. Mélenchon, qu'ils seront eux-aussi soumis à tout un argumentaire vantant chacune leur propre candidat plutôt que l'autre, voire dénigrant l'autre ? Ce n'est pas différent ! C'est donc pure rhétorique manipulatoire que de présenter cette stratégie de la Primaire Populaire comme une forfaiture. Par ailleurs, tous ces élus sollicités sont des élus responsables ; ne serait-ce pas les infantiliser, voire les mépriser, que de les supposer incapables de maîtriser leur décision ? Nous rappellerons aussi que M. Mélenchon, en accord avec Mme Le Pen d'ailleurs, est pour l'anonymat des parrainages, ce qui est une autre façon aussi de tenter de déresponsabiliser les choix des élus au motif que leurs électeurs et électrices pourraient reprocher à leur élu-e tel ou tel parrainage. Eh ! Oui ! Justement ce sont des élu-e-s responsables devant leurs administré-e-s. Alors oui, peut-être faudra-t-il imaginer dans les modifications institutionnelles à venir d'autres procédures plus directement citoyennes ; à l'image de cette Primaire Populaire à laquelle chaque candidat-e devra participer, par exemple ?

2-Mme Taubira jouera-t-elle le Jeu de se retirer si elle le devait ?

A cette question qui lui fut plusieurs fois posée sur différents plateaux de télé. Elle semble hésiter, craindre de tomber dans un piège de journaliste gros comme une maison, et donc elle ne répond ni oui ni non, et donc, hésitante, son image trouble, mais elle rappelle que ce processus de la Primaire Populaire est un processus d'union et non l'occasion d'un mépris de surplomb. Et elle a raison ! Elle n'a pas à se retirer ; mais à participer à la campagne de qui sera désigné-e par la Primaire Populaire qui, lui ou elle, devra l'accueillir à ses côtés ! Elle a tort d'hésiter ! Dans notre esprit, et dans celui de la Primaire populaire, ce processus désignera le candidat ou la candidate autour de qui se jouera la campagne, et d'abord par la constitution de ce que nous appelons de nos vœux dans notre premier chapitre à savoir un gouvernement provisoire des possibles en exil qui portera les couleurs "arc-en-ciel" (noir compris) de la Constellation des gauches multiples. On nous a demandé d'expliquer : il s'agit d'ores et déjà, selon nous, dès les débuts de la campagne d'annoncer les présentes et présents dans les différents ministères avec leurs différentes fonctions en fonction des différents équilibres. Pourquoi en exil ? parce que jusqu'au soir du premier tour au moins telle en sera la situation ; mais aussi parce que dans ce monde tel qu'il est chacune et chacun de nous sommes en exil de nous-mêmes.  Alors bien sûr, il s'agit que ce gouvernement des possibles en exil, fruit de cette Constellation des gauches multiples, nous fasse oublier, à l'exception justement de quelques avancées dans le Droit et la Justice (rappelons au moins que Mme Taubira a obtenu le "Mariage pour tous" et démissionné au moment du débat sur la déchéance de nationalité), le calamiteux magistère de M. Hollande, dont le nom restera, dans l'histoire du socialisme du vingtième siècle, comme celui de Louis XVI dans celle de la Monarchie !!!

3-Procédure illégale ?

Pure rhétorique de tentative de disqualification ! Le juriste argue du fait qu'elle pourrait inciter les citoyens et citoyennes à se méprendre sur les rapports de force et donc à fausser leur vote. Il ajoute par ailleurs, qu'au contraire, les sondages sont basés sur des règles précises réalisés avec des échantillons représentatifs ! Nous avons beaucoup ri de la "vérité" des sondages. Passons ! Eût-elle été illégale qu'elle se trouverait déjà devant la Cour !

Pour finir, nous formulerons aussi l'hypothèse, assez peu faite, que les partis dans leur arrogance voient ce processus citoyen autonome comme un crime de lèse-majesté ! Laboratoire des possibles, offert aussi aux mouvements à venir, et menaçant pour leurs postures !

Nous pensons encore une fois, pour finir à nos ami-e-s réfractaires à toute participation à ces procédures de représentation dans le cadre de nos démocraties parlementaires et à celles et ceux qui s'attristent de cette "Fête de l'insignifiance" électorale qui, dans tous les cas, seront à l'écart de ces "pleurs" ou de "ces joies". Nous leur disons que, pour notre part pour les cinq ans qui viennent, nous préférons une "insignifiance de gauche" à une "insignifiance de droite voire de droite extrême". Et même si "La Révolution est toujours plus belle sous l'Empire", qu'ils-elles se rassurent : le temps passe et nous passons avec lui ! Et enfin pour celles et ceux qui pensent qu'il est trop tard, nous leur rappelons encore une fois :

"Chaque jour suffit à peine"     

Donc n'oublions-pas, si ce n'est déjà fait !

Ce soir à minuit : carrosse ou citrouille !!!

Collectif "Pour un nous des possibles en exil"

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