« Peuples des Andes », peuples andins ?

Existe-t-il une culture andine ? Peut-on parler de monde « andin » ? La question est complexe et a beaucoup divisé les anthropologues, même si aujourd'hui la majorité s'accorde pour critiquer une vision « andiniste » généralisatrice. Cette représentation de l'Indien au cinéma comme un ensemble homogène et stéréotypé était d'ailleurs le thème de la première palabre, du samedi 22. Des débats ont lieu jusqu'au vendredi 28.

Existe-t-il une culture andine ? Peut-on parler de monde « andin » ? La question est complexe et a beaucoup divisé les anthropologues, même si aujourd'hui la majorité s'accorde pour critiquer une vision « andiniste » généralisatrice. Cette représentation de l'Indien au cinéma comme un ensemble homogène et stéréotypé était d'ailleurs le thème de la première palabre, du samedi 22. Des débats ont lieu jusqu'au vendredi 28.Le débat de 18h propose quant à lui une présentation plus générale des invités autochtones.

Dimanche matin, la palabre abordera la question des « démocraties indiennes » : représentation du pouvoir, organisation, justice, articulation à la démocratie participative d’État. Le débat de 18h insistera ensuite sur une thématique spécifique : les Mapuche. Si l'empire inca et la colonisation espagnole ont apporté une certaine homogénéisation aux Indiens des Andes, la question Mapuche est totalement différente. Ce peuple, fort d'environ 800 000 personnes établies entre le Chili et l'Argentine, a d'abord vaincu les velléités de conquête des Empires inca et espagnol avant de subir de violentes attaques menées par les autorités indépendantes de Buenos Aires et de Santiago à la fin du XIXe siècle.

Des luttes locales avant tout...

Bien sûr, l'élection en Bolivie du premier président indien Evo Morales en 2005 est connue, mais il est important de rappeler que les principales victoires indigènes ont été acquises au niveau local. Les communautés indiennes sont parvenues à construire des démocraties alternatives et à gagner leur légitimité au niveau national. Et, malgré les spécificités de chaque peuple, de nombreuses problématiques communes les rassemblent.

Ainsi, la journée du mardi 25 août sera entièrement consacrée à l'épineuse question des ressources naturelles. Le matin, Oscar Olivera nous présentera la lutte, exemplaire et historique, qu'il a menée en 2000 avec son organisation, la « Coordination pour l'Eau et la Vie », contre la privatisation de l'eau à Cochabamba en Bolivie. Le débat de 18h reviendra ensuite sur les résistances « indiennes » à cette exploitation irrationnelle des ressources naturelles : « l'extractivisme ». Que ce soit les communautés andines du Nord des Andes qui font face à l'exploitation minière, où les Mapuche qui luttent contre les entreprises forestières et la construction de barrages, la question des ressources naturelles unit tous ces peuples dans un même combat pour le respect de leur territoire et de la Terre.

Si les peuples autochtones auront la part belle de ce Festival, il ne faut pas oublier que la majorité de la population des Andes est aujourd'hui métisse. De nombreux films aborderont la place de cette population – et des minorités afro-américaines – au sein des pays andins.

À la fin du Festival, les festivaliers connaîtront mieux – n'en doutons pas – les modes de vie des peuples andins, que ce soient les Ayllusde Bolivie, les Cabildosde Colombie ou Rondas du Pérou. Leurs formes d'organisation montrent en tout cas la capacité des Indiens à s'adapter à différents processus de colonisation, d'abord incaïque, puis espagnole, puis républicaine. Aujourd'hui, un « colonialisme interne » à chaque pays continue de se maintenir. Malgré les disparités géographiques et historiques, les différents peuples des Andes sont néanmoins passés par des processus de colonisation – et donc de résistances – souvent assez semblables qui les ont conduit à s'unir. Ils sont d'ailleurs aujourd'hui fédérés au sein de la Coordination Andine des Organisations Indigènes (CAOI), fondée en 2006 à Cuzco.

Et une histoire commune

Il est important d'avoir en tête que malgré des processus communs, chaque peuple garde sa spécificité. La situation des Mapuche du Chili, qui subissent encore les lois anti-terroristes instaurées sous Pinochet (débat du dimanche 23), ne peut ainsi pas être comparée à celles des Aymaras et Kichwas de Bolivie et d’Équateur où des gouvernements plus « progressistes » ont été élus (débat du mercredi 26) ou des peuples Indiens de Colombie en proie à la violence depuis des décennies (débat du vendredi 28).

Pourtant, toute une série de thématiques les rapprochent. Les peuples indigènes ont souvent été les premières victimes des dictatures et guérillas (palabre du vendredi 28) et aujourd'hui des projets d'exploitation des ressources naturelles sur leurs territoires (débat et palabre du mardi 25). Ces formes de domination les ont conduit à mener des formes distinctes de résistances, comme le montre le cas des Arhueco de Colombie (palabre du jeudi 27), mais aussi de proposer des réflexions semblables, notamment autour de projets démocratiques alternatifs locaux (palabre du dimanche 23).

Si chaque peuple possède ainsi des cultures, langues et histoires particulières, ils se retrouvent donc dans une histoire commune générale souvent semblable.

Au programme dimanche à Douarnenez :

10h, MJC : palabre «Démocraties indiennes dans les Andes boliviennes»

16h, au Club : Séance spéciale René Vautier : Afrique 50 + Techniquement si simple + Marée noire colère rouge

18h, place du festival : débat «Identités et luttes Mapuche»


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