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Billet de blog 22 août 2016

Attentat de Gaziantep: mort à la mort!

Le 39e Gouel ar Filmoù/ Festival de Cinéma de Douarnenez a ouvert ses portes vendredi soir, pour huit pleines journées de films, de rencontres, de débats... Retrouvez chaque jour le journal en ligne du Festival. Aujourd'hui : retour sur l'attentat de Gaziantep, l'histoire de l'Empire ottoman, rencontre avec la journaliste Güler Yildiz.

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Mort à la mort !

50 morts au moins à Gaziantep : un homme s’est fait exploser au beau milieu d’un mariage dans les quartiers kurdes de cette ville de l’est de la Turquie, et le cortège de la noce s’est figé dans des ruisseaux de sang. Nous dansions au fest noz, samedi soir, quand des camarades de Kedistan sont venus nous apprendre l’horrible nouvelle. Et il n’y avait rien à dire, rien à faire. Les danseurs tournaient au rythme de la gavotte des montagnes. Il n’y avait rien à dire, rien à faire, que de pleurer. Pleurer sur ceux qui étaient venus faire la fête et dont la vie s’est interrompue dans l’horreur. Pleurer aussi, comme après chaque attentat, sur ce qui peut pousser un jeune homme à décider de se suicider en entraînant dans la mort des dizaines d’inconnus. Comme après chaque attentat, les commentaires sont vains, les doctes analyses politiques n’ont pas de sens. Le festival est le pari du dialogue, de la fraternité, de la vie. Il continue.

Six siècles d’Empire

624 ans. Fondé en 1299, l’Empire ottoman n’a disparu qu’en 1923, avec l’abdication du dernier sultan, Abdülmecid II. Son histoire fut d’abord celle de la destinée extraordinaire des Osmanli, issus d’une petite tribu turque oghouze, qui parvint, au cours du XIIIe siècle, à s’imposer au sultanat seldjoukide en pleine décadence, à contrôler la majeure partie de l’Anatolie et à venir défier l’Empire byzantin, dont l’interminable agonie s’est poursuivie jusqu’à la conquête de Constantinople, aussitôt rebaptisée Istanbul, en 1453. Dans le même temps, l’extension des Osmanli se poursuivait en Europe : dès le milieu du XVe siècle, ils contrôlaient l’ensemble des Balkans et poussaient même jusqu’aux portes de Vienne, qu’ils assiégèrent deux fois, sans succès, en 1529 et en 1683.

Au sommet de sa puissance et de son extension, sous Soliman-le-Magnifique (1494-1566), l’Empire est une immense entité s’étendant du centre de l’Europe jusqu’aux confins de la Perse, du Maroc jusqu’à l’Arabie. Contrôlant toutes les rives de la mer Noire, c’était aussi la première puissance navale de Méditerranée. L’Empire était ultra-centralisé, toute autorité partant de la Sublime-Porte (du Palais impérial) et de la personne du sultan, qui assumait également le titre de calife, c’est-à-dire de Commandeur des croyants. L’ensemble du territoire impérial était organisé en provinces, contrôlées par des gouverneurs directement nommés par le sultan.

L’Empire s’inscrit en fait à la croisée de plusieurs traditions, celle des clans guerriers turcs d’Asie centrale, mais surtout celle de l’Empire byzantin avec son système juridique et administratif dérivé de la tradition romaine, sa culture bureaucratique, mais aussi une quasi-sanctification de la personne impériale, représentant de Dieu sur terre.

L’Empire sut utiliser tous les talents, y compris ceux de non-musulmans, et pratiqua une tolérance religieuse bien organisée. Il n’existait pas de catégorie « nationale » dans cet immense rassemblement de langues et de peuples, mais deux catégories de sujets : les musulmans et les non-musulmans, chrétiens ou juifs, qui disposaient de communautés, les millets, aptes à gérer leurs affaires internes. En échange d’un impôt spécifique, les non-musulmans étaient « protégés » du sultan, et l’Empire ne mena jamais de politique de conversion forcée, même si le passage à l’islam entraînait une série d’avantages sociaux et fiscaux.

Malgré son apparente splendeur, l’Empire entra en décadence dès la fin du XVIIe siècle, perdant une succession de guerre menées contre ses grands rivaux qu’étaient l’Empire russe et celui des Habsbourgs, pour être finalement considéré au XIXe siècle comme « l’homme malade de l’Europe ». Les réformes radicales engagées par le sultan Abdülmecid Ier – les tanzimat, qui prévoyaient une refonte des cadres administratifs mais aussi l’égalité entre tous les sujets, quelle que soit leur confession – ne purent rien y changer.

Les causes de ce déclin sont multiples : l’Empire était certainement trop étendu, sans avoir les moyens réels de conserver son fonctionnement très centralisé. Les communications étaient lentes et difficiles entre le centre du pouvoir et les provinces reculées, ce qui favorisa l’autonomisation de certains gouverneurs trop puissants. Sur le plan économique, l’Empire avait été une superpuissance méditerranéenne, mais sa centralité fut relativisée par le développement des échanges entre l’Europe occidentale et le « nouveau monde », c’est-à-dire l’Amérique : les navires ottomans ne franchissaient pas le détroit de Gibraltar.

Au XIXe siècle, l’apparition des nationalismes modernes et de leurs revendications politiques – la création d’Etats « nationaux » – se révéla incompatible avec le maintien d’un cadre impérial. Alors que l’Empire perdait le contrôle du Caucase et des rives septentrionales de la Mer Noire, qu’un vent de révolte gagnait les provinces arabes, les peuples chrétiens des Balkans se soulevaient. De la première insurrection serbe (1804) à la guerre balkanique de 1912, les possessions européennes de l’Empire se réduisirent comme peau de chagrin. Des millions de muhacir (réfugiés) musulmans convergèrent vers les régions encore ottomanes, modifiant profondément les équilibres démographiques de l’Anatolie.

Néanmoins, lors du basculement de l’Europe dans la guerre, en 1914, nul n’avait imaginé que l’Empire allait totalement disparaître dix ans plus tard. Cet effondrement fut marqué non seulement par le génocide arménien mais aussi par l’expulsion des populations grecques des côtes de la Mer Egée et de la Mer Noire. Il entraîna un bouleversement de tous les équilibres géopolitiques du Proche Orient, dont les effets se sont encore tragiquement sentir aujourd’hui. En renonçant au califat, Abdülmecid II a aussi laissé vacant le leadership spirituel du monde musulman, ouvrant la voie à toutes les revendications, jusqu’à celle d’Abu Bakr al-Baghdadi, le chef de Daech.

Rencontre avec Güler Yildiz

Güler Yildiz est une journaliste militante qui a participé à faire entendre les langues minoritaires de Turquie sur les ondes du pays, en tant que directrice de Yaşam Radyo, la « Radio de la vie » et en tant qu'animatrice de l'émission « Bonjour la Turquie ». qui n'a pu durer qu'un an. 

Ur perzh bras o deus ar yezhoù minorel en ho hentad kazetennerez, penaos oc'h deuet betek lakaat anezho d'o c'hlevet ? 

Kurd a orin on, ha marteze armenian zoken, met ne lakaer morse ar gaoz war an orinoù-se em familh, nevet e chom. Produ an heñvelaat on, kurdeg a veze prechet ba'r gêr gant ma zud met n'o deus ket treuzkaset ar yezh din rak difennet-groñs e oa, ha turkeg 'm eus desket er skol. Diwezhat a-walc'h, er bloavezhioù 2000 on deuet da vezañ emskiant deus ma orinoù, rak turkek e oa ma doare da welet ar bed. Er radio gentañ ma labouren «Radio ar vouezh» e vezemp aotreet da dremen div ganaouenn e kurdeg, ar pezh a zo dister a-walc'h : petra lâr deus da sevenadur e div ganaouenn ?

Da 20 milion a dud e vez istimet poblañs ar Gurded e Turkia, minorelezh pennañ ar vro eo, zoken m'eo diaes lâr int ur minorelezh abalamour d'an niver bras-tre anezho er vro, d'ar bolitikerezh heñvelaat ha d'ar fed ne vezont ket ansavet tamm ebet gant ar Stad turk. Ar Yuzhevien, Gresianed Turkia ar «Roumed», hag an Armenianed a zo ar re nemeto da vezañ ansavet, daoust d'ar ouennlazh gouzañvet ganto hag ar Syriaked, arabed kristen, e 1915. Da reiñ ur vouezh dezho e oa bet krouet Yaşam.

Penaos e vez gwelet ar mediaoù e yezhoù minorel e Turkia ha petra dalvez bezañ kazetennerez e yezhoù all ?

Er radio gentañ ma labouren e veze graet ouzhomp ur “radio kurdek” gant ar mediaoù all, daoust deomp tremen div ganaouenn hepken e kurdeghag ober hon holl skigngasoù e turkeg. Met peogwir e roemp ar gaoz da arzourien hag aktourien ar bed sevenadurel kurd e-pad hon abadennoù e veze serret kazi an holl dorioù deomp. Pa 'm eus lañset ar raktres Yaşam Radyo e unnek yezh minorel disheñvel 'n eus bet c'hoant media turk ebet gouzout hiroc'h war an afer, kontroll ar mediaoù etrevrodel hag european dreist-holl hag a zo bet desachet. Kudennoù a zo ivez abalamour d' al linkad etre ar boblañsoù hag ar mediaoù a arouez anezho. Ar skouer gwellañ a zo hini an Armenianed hag a zo o klask bezañ an didrouzañ posupl abaoe ar ouennlazh, aroueziet e bed ar mediaoù gant ar gazetenn Agos, krouet gant Arat Dink hag a oa gantañ ur sell stourmer ha kritik war ar gevredigezh. Koulskoude p'eo bet drouklazhet Dink e 2007 eo bet fromet an Armenianed, setu ma grogont tamm-ha-tamm da sevel o vouezh. 

Kemeret e vo perzh ganeoc'h en un abadenn vrezhonek war radio Kerne, peseurt kemmenadenn p'efe c'hoant reiñ ar vrezhonegerien da glevet ?  

En Alre emaon o chom abaoe 6 miz bremañ hag e kav din e tenn stad ar yezh da hini ar c'h/Kurdistan : ne glevan ha ne welan ket ar yezh en-dro din, war-bouez war ar panelloù hent, met evel m'emaint eno eo emskiant ar rummad tud yaouank deus pouezh ar yezh, setu ma lârfen derc'hel ganti, da zreuzkas ar yezh en-dro dezho. Memestra eo gwelloc'h stad an traoù amañ eget er c'h/Kurdistan 

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