Grand Cru Bretagne: Rencontre avec Guillaume Kozakiewiez

Cette année, le comité de sélection du Grand Cru Bretagne a eu deux coups de coeur avec les magnifiques Filmradiofilm et Salto mortale, tous les deux réalisés par Guillaume Kozakiewiez. Ce réalisateur n’est pas inconnu à Douarnenez, puisqu’il y avait déjà présenté La lutte n’est pas pour tous, Leonarda et Recording America. Le Cru de cette année marque cependant une certaine maturité...

Cette année, le comité de sélection du Grand Cru Bretagne a eu deux coups de coeur avec les magnifiques Filmradiofilm et Salto mortale, tous les deux réalisés par Guillaume Kozakiewiez. Ce réalisateur n’est pas inconnu à Douarnenez, puisqu’il y avait déjà présenté La lutte n’est pas pour tous, Leonarda et Recording America. Le Cru de cette année marque cependant une certaine maturité...

À le voir traiter à la fois de la Biélorussie, du Brésil ou de la musique folk, il est difficile de définir les sujets de prédilection de Guillaume Kozakiewiez. Pour lui, tous ont cependant à voir avec le portrait, pour lequel « il faut se mettre dans la peau de quelqu’un ». Ces rencontres, il les doit au hasard, qui pour lui fait souvent bien les choses.

Dans Filmradiofilm, Guillaume Kozakiewiez nous plonge dans les coulisses de la fabrication de la fiction sonore La Traversée de l’Hudson et du travail de François Christophe et de l’équipe de la fiction de France Culture. Pour cela, Guillaume Kozakiewiez est entré en immersion durant quatre jours dans leur studio. Ces images avaient été mises de côté, mais à la suite du décès de François Christophe il a décidé de retravailler le film et de passer une journée en studio pour mixer le son. Salto Mortale nous fait découvrir le travail d’Antoine Rigot, funambule blessé physiquement lors d’une de ses représentations, mais qui continue de créer avec son équipe. Il a fallu deux ans et demi de tournage et un an de montage à Guillaume Kozakiewiez pour réaliser ce magnifique film dont la sortie officielle en salle le 26 novembre fera assurément parler beaucoup.

Dans ces deux films, le réalisateur nous plonge, avec art, en immersion dans deux processus de création distincts. « L’important est de faire comprendre aux acteurs pourquoi tu es là, que tu fais ton boulot. Quand tu filmes, tu ne parles pas, tu ne fais pas de bruit et les gens ne sentent pas dérangés », explique-t-il. « Pour Salto mortale, au bout de trois semaines ils nous appelaient, l’ingénieur du son Grégory Nieuviarts et moi, leur "petite conscience". C’est là que tu sens qu’il faut lever le pied. Au bout d’un moment il y a une usure, c’est à nous de sentir quand il faut arrêter de filmer. Mais sur une création comme celle d’Antoine il se passe tous les jours des choses, alors on a du mal à laisser la caméra. Antoine savait que l’on faisait notre boulot, et lui il faisait la même chose. Nous, on fait un film; lui, il monte un spectacle de cirque. C’est la même chose, on a chacun nos doutes

Entre La lutte n’est pas pour tous, présenté il y a deux ans, et Salto mortale, Guillaume Kozakiewiez montre également l’évolution de son travail. « Pour Salto mortale j’avais une caméra avec de grands capteurs et une grande profondeur de champ. J’ai grandi là-dessus aussi, ça a mûri sur des choses plus esthétiques. Pour La lutte n’est pas pour tous, j’ai tourné en caméra HDV. Pour filmer Antoine, j’avais trois objectifs et Gregory avait une perche pour être mobile, il pouvait chercher des sons ailleurs. C’était un binôme super puissant, je n’avais jamais vécu cela. » Au final, le film fait déjà beaucoup parler et la tournée de présentation risque d’être longue. « Je vais morfler, mais je vis un petit bonheur

Filmradiofilm, mardi 26 août, à 21h00 à l’Auditorium

Salto mortale, mercredi 27 août, à 18h00 au Club

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