Olin Monteiro est une féministe indonésienne, auteure, éditrice, productrice de documentaires, photographe et responsable d’ARTforWOMEN, une organisation féministe pour la culture, la littérature et l’éducation. Elle est activiste et chercheure depuis 1993 dans plusieurs organisations de femmes.

« Ma grand-mère maternelle a subi des violences sexuelles à l’époque de l’occupation japonaise dans les années 1940, c’est une des raisons possibles qui explique que je sois devenue une militante féministe, parce que j’aimerais que les femmes indonésiennes cessent de subir des violences. »

Orin Monteiro a commencé à écrire des poèmes quand elle était au collège. À l’Université, elle a découvert les écrivains indonésiens. « Cela a aiguisé mon désir de devenir écrivaine, car il n’y a pas beaucoup de femmes qui écrivent en Indonésie. »

« Pour ce qui concerne mes propres ouvrages, j’ai publié deux recueils de poèmes, puis le livre Sept femmes urbaines, une sorte de journal intime, un voyage dans la ville de Jakarta à travers sept histoires de femmes de la ville. » « En 2006, j’ai créé une maison d’édition indépendante pour soutenir l’activité des auteures en publiant leurs ouvrages. En général, il faut attendre trois ans entre le moment où un livre a été retenu et sa publication. En Indonésie, c’est déjà compliqué d’éditer, et si en plus on est une femme… »

« Ce qu’on est capable de faire, ce qu’on est en mesure de réaliser, on doit le faire », ajoute Olin Monteiro.

« En Indonésie, les femmes sont souvent victimes de violence, au minimum elles sont harcelées moralement, mais la population considère cela comme normal, ce qui a pour conséquence de leur faire perdre confiance en elles, de les affaiblir psychologiquement. En écrivant, on peut s’exprimer ; pour certaines, cela peut permettre un processus de reconstruction personnelle. »

Étudiante au début des années 1990, bénévole dans une association féministe, Olin Monteiro a travaillé à partir de 1994 avec Garin Nugroho, qui lui a appris à réaliser des documentaires. « Comme j’étais intéressée par tout ce que ce qui concernait des femmes, j’ai commencé à produire des documentaires sur les femmes », explique-t-elle.

C’est à cette époque qu’une loi sur les violences domestiques a été adoptée. En tant que militante, Olin Monteiro a participé aux réunions de préparation des articles de cette loi avec les parlementaires. Le processus a été très long : huit ans de travail de préparation pour décliner les différents articles. Maintenant que la loi est passée, il faut encore vérifier sa mise en application, et «cela reste un travail de longue haleine». «

Je suis en train d’écrire un roman au sujet de ma grand-mère qui vivait dans un village, elle s’est mariée avec quelqu’un qui s’appelait Monteiro. Les gens demandent parfois d’où vient ce nom, la réponse sera dans le livre...»


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