Les chiens mordent ceux qui ont peur

Battle at Kruger © Jason Schlosberg

 

"Il y a deux manières de conquérir et asservir une nation. L'une est par l'épée. L'autre par la dette." (John Adams)

 Après cinq ans de récession économique déclenchée par le casse financier des « subprimes » nos représentants politiques ne semblent toujours pas disposés à réguler la finance internationale, bien au contraire ! 2013 risque de ne pas être plus l'année du « changement » que 2012… Le capitalisme ultralibéral reste roi, et la spéculation financière demeure le principal outil de rentabilité. Les traders œuvrent même pour la désintégration de l'Union européenne et la fin de l'euro, afin de faire de juteuses plus-values. L'engagement de la Banque centrale européenne (BCE) à racheter la dette des États les plus en difficulté pour éviter l'implosion de la « zone euro » n’en est-il pas la preuve ?

Les promesses sont oubliées. La violence structurelle des institutions continue de faire des dégâts incalculables sur nos vies et notre environnement. Les bombes françaises n’épargnent pas les enfants soldats. La régulation des marchés financiers est encore loin de voir le jour. Les seigneurs de la finance continuent leur conquête sur un monde nécrosé de toute part. Les travailleurs sont la cible du patronat. La faim tue toujours. Les dictateurs chinois préparent la relève de l’empire américain…

 Seule la société civile sauve l'honneur, les AMAPs et le SCOPs résistent à la récession.Car il s’avère que les SCOPs, qui privilégient les circuits courts et l’emploi local, résistent mieux à la « crise » que les entreprises traditionnelles. La résistance de la société civile porte ses fruits et doit se poursuivre. Cessons d’acheter des produits asiatiques, généralisons les SCOPs, étendons le principe des AMAPs à d'autres secteurs d'activité que l'agriculture

Une sérieuse crise morale de nos représentants politiques et des peuples qui les maintiennent au pouvoir paralyse la démocratie. Volonté délibérée de se tirer une balle dans le pied, faiblesse morale ou incompétences de nos élus, aucune loi n’est prévue pour lutter contre les fléaux énumérés. De plus, les gains financiers sont moins imposés que les revenus honnêtes, à croire que les politiques encouragent les criminels à tout démolir.

 La dénonciation de l’argent est aussi banale que bien fondée et il faudra le marteler jusqu’à être entendu !!!

 L’objectif premier des banques d’affaires est la pure expression de la cupidité. Si ces organisations n’ont pas pour objectif la conquête du pouvoir politique, elles ont néanmoins infiltré les gouvernements tels l'État fédéral américain et les organisations internationales comme le FMI, la Banque mondiale, la Banque européenne… etc… Le montant annuel de l’argent blanchi dans les paradis fiscaux était estimé à 3000 milliards de dollars en 2006 ; et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Toutes ces entités parasites se nourrissent du travail et des richesses produites par les sociétés de droit constituées de gens normaux comme vous et moi, pour qui l’impunité juridique n’existe pas.

Dans les années 1990, la banque Goldman Sachs a recruté des mathématiciens qui ont créé des algorithmes financiers pour piloter par ordinateur des ordres d'achat et de vente à très grande vitesse sur les marchés boursiers. L'objectif : gagner de l’argent par tous les moyens, en se livrant à la seule spéculation financière, sans aucune moralité ! Le cynisme de Goldman Sachs n’hésite pas à qualifier dans ses murs les opérations boursières qui sont à l'origine de la « crise » de « casse du siècle »

 Nous sommes allègrement passés de l’imposture technico-industrielle à l’escroquerie économique et à l’exploitation odieuse des consommateurs. Nos modes de production et de consommation font déborder les exutoires et les rendent de plus en plus impuissants à éliminer la pollution et les déchets générés par notre économie. De plus, la déforestation, la stérilisation des terres arables, la pollution des eaux diminuent la production agricole pendant que les ressources fossiles s’épuisent. De ce fait, le coût de l'exploitation des ressources terrestres augmente au point de bloquer la croissance et d’augmenter la mortalité. C’est la recrudescence de certaines maladies, l’apparition de nouvelles affections, de nouveaux accidents graves pour la santé, le réchauffement climatique et la disparition des ressources, qui incriminent notre économie. Mais la dangerosité pour la santé humaine de certaines techniques diffusées très largement est minimisée ou niée par les industriels qui ont développé ces produits et investi pour les commercialiser. Les lobbies freinent les décisions politiques utiles pour réorienter notre modèle de production et de consommation.

 La « crise » n’est pas une catastrophe, elle est la source de l’enrichissement des plus riches. Elle commence en 2007 avec la ruine de 3 millions de foyers américains (7 millions finalement) qui ne pouvaient plus rembourser leur crédit bancaire, et qui ont été pour beaucoup d’entre eux jetés à la rue. Et le « casse » des subprimes ne leur suffisait pas ! En 2008 les spéculateurs provoquent artificiellement la rareté alimentaire : les prix des céréales se sont envolés et ont déclenché des émeutes de la faim dans les pays pauvres.

 Sans un changement réel, le système actuel continuera à faire des dégâts incalculables sur nos vies et notre environnement. Les malversations financières et l’exil fiscal, les désastres écologiques, la corruption des élus, les injustices sociales…, sont les conséquences de notre passivité face aux partis dominants qui font allégeance au capitalisme.

 Le mal français – et pas seulement français - est dans la Constitution, l'État centralisé hérité de la monarchie : c’est là qu’est écrit que nous ne pouvons rien contre nos élus. Or c’est le seul outil qui pourrait nous permettre de lutter contre les abus de pouvoir. Il faut impérativement un processus constituant honnête et désintéressé.

Parmi tous les économistes qui partagent cette analyse, Etienne Chouard est probablement l’un de ceux qui expliquent de la façon la plus claire comment y arriver. Il n’est pas le seul, et pourtant qui entend ?

 Organisons-nous, résistons, car tous les citoyens du monde doivent réagir pour sauver leur peau. Prenons l’exemple de ce citoyen Espagnol :

 http://www.vice.com/fr/read/eric-duran-le-robin-des-bois-catalan

 Son exemple devrait nous faire nous poser la question, et le coup de gueule de Richard Bohringer tant applaudit la semaine dernière vient l’appuyer : une dette se rembourse-t-elle ? En principe, oui. Normalement ! Mais Olivier Bonfond, économiste Belge nous dit que c’est très mal connaître le droit international, car il y a une série de situations où un état peut, ne pas systématiquement rembourser sa dette ; Qu’elle soit légitime ou pas, un état peut décider de ne pas la rembourser au motif que « les droits humains sont supérieurs aux droits des créanciers » particulièrement lorsque ces derniers en sont justement les responsables. L’exemple de l’Islande est bien la preuve que non seulement le chaos annoncé ne se produit pas, mais que c’est le pays en Europe qui aura la plus forte croissance en 2013, et avec les félicitations du FMI ! Le gouvernement Islandais y serait-il parvenu sans l’extraordinaire pression populaire qui l’a contraint ?

 Tout le monde (ou presque) connaît maintenant grâce à Pierre Rabhi, la légende du colibri  ! N’avez-vous pas envie d’être un colibri ? Pouvoir dire que vous aussi vous faites votre part ?

À moins que vous ne préfériez être le buffle qui va sortir sa progéniture des griffes du lion et des mâchoires du crocodile ?

 

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Sources :

 Etienne Chouard : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

 « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde » de J. Fritel et M. Roche documentaire  diffusé le 4 septembre 2012, sur ARTE

 « Notre empreinte écologique » Mathis Wackernagel et William Rees,

« Capitalisme, désir et servitude » Frédéric Lordon 

 « Et si on arrêtait de payer » : Olivier Bonfond,   http://youtu.be/ADrazPRLz-Y

 « Stratégie du choc » par Naomie Klein ;  http://youtu.be/MKeiChMRWTU

 

 

                                                       

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