Un jeune couple interpellé, seuls les flics ont entendu le mot « Daech » (Rue 89)

Arthur habite près de Barbès, à Paris. Arthur n’est pas son vrai prénom. L’anonymat, il le réclame par peur des représailles. Assis dans un café, il me dit : « Je me suis rendu compte du danger que pouvait représenter l’Etat français. »

http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/29/jeune-couple-interpelle-seuls-les-flics-ont-entendu-mot-daech-262288

Mercredi 25 novembre, peu après 16 heures, Arthur rentre chez lui. Rue Affre, dans le XVIIIe arrondissement, il est « témoin d’une violence policière hors du commun ». Dans un e-mail envoyé à la rédaction de Rue89 (et qui a motivé notre rencontre), il raconte :

« Quatre gars en civil se ruent sur un type, le mettent au sol et commencent à [le] rouer de coups. »

Coups de pieds, coups de poings. Arthur pense alors à s’interposer. De l’autre côté de la rue, un homme a la même idée. Il élève la voix en direction des quatre qui tabassent. Ils répondent :

       « Tu en veux aussi, c’est ça ? Viens ! »

Arthur se réfugie derrière une porte d’immeuble :

       « Je me dis que c’est un règlement de comptes entre gangs, je ne veux pas prendre une balle perdue... Je reste, pour écouter ce qui se passe, la main sur le téléphone en me disant “je vais appeler les flics, c’est pas possible”. Le type au sol continuait à hurler et à se faire tabasser... à tel point qu’il n’arrivait plus à articuler, c’était effrayant. »

A sa grande surprise, il entend bientôt une sirène :

       « Une voiture de flics est dans la rue, avec deux motos de police et cinq flics en vélo. Plus les quatre gars qui remettent leurs oreillettes en place et emmènent l’homme “bastonné” dans la voiture, toutes sirènes hurlantes. »

Arthur n’avait pas encore compris qu’il s’agissait de policiers en civils. En bas de la rue, Bandele, un autre habitant du quartier, assiste aussi à la scène. Lui non plus ne veut pas donner son vrai prénom :

       « C’est trop dangereux, [les policiers] pourraient nous tabasser. »

 

Lui a vu les policiers « jeter l’homme dans la voiture, en le prenant par les jambes et par les mains ».

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