Non à la fusion hospitalière de la Fondation Vallée avec Paul Guiraud

Depuis des années, l’État fait des économies sur le dos des hôpitaux en supprimant des lits et des postes, ce que dénoncent régulièrement les soignants.

Actuellement en pleine crise sanitaire avec l’impact du Covid sur la santé mentale de nos enfants et avec les difficultés que rencontrent la communauté médicale , il est tout à fait inconcevable de poursuivre cette politique insensée ! Et pourtant la fusion des hôpitaux de proximité continue, sous prétexte d’optimiser les moyens et les compétences. Il s’agit encore et toujours de faire des économies, au détriment des patients et des conditions de travail du personnel sous tension !

Nous venons vers vous aujourd’hui pour vous demander votre soutien, nous le personnel de la Fondation Vallée, hôpital public de pédopsychiatrie du Val-de-Marne, contre la fusion qu’on veut nous imposer avec Paul Guiraud, géant de la psychiatrie adulte 94.
Nous prenons soin des enfants dans des conditions qui se dégradent chaque jour un peu plus, et cette fusion ne ferait qu’empirer les choses !

Or nous avons besoin de plus de personnel pour éviter les listes d’attentes interminables dans les Centre Médico Psychologique (CMP) ou autres lieux d’accueils ambulatoires (en ville), de plus de possibilité d’accueil en intra hospitalier pour les enfants pour qui il est nécessaire bénéficier de la qualité de nos soins. Nous avons la plus grande capacité d’accueil de lits en hospitalisation pédopsychiatrique de France, et espérons pouvoir la maintenir.

Pour rappel, il y a trois ans, dans le cadre de la loi de regroupement des hôpitaux, l’Agence Régionale de Santé nous a contraint de partager notre directeur avec Paul Guiraud. On nous avait alors affirmé qu’il n’y aurait pas de fusion entre les deux hôpitaux, que la direction commune et certaines mutualisations allaient provoquer un gain de rapidité, une fluidité dans les réseaux mais c'est tout le contraire que nous observons au quotidien dans nos unités de soins. Il faut toujours attendre des semaines, voire des mois, la sacro-sainte validation de P. Guiraud pour obtenir parfois un tout petit quelque chose, lorsque l'on veut bien nous répondre.

La Direction, décidée à avancer sans l’avis des médecins, sans dialogue social, a pris les rênes pour faire passer en force cette fusion, qu’on nous présente comme un projet, mais on constate que des décisions se prennent déjà en catimini. On peut craindre aussi que l’hôpital Paul Guiraud, si gros par rapport à nous, nous impose des méthodes de travail auprès des enfants pour bénéficier de subventions de l’Agence Régionale de Santé, sans que l’on ait notre mot à dire sur la forme comme sur le fond. 

Parallèlement (mais pas sans lien), nous subissons de la part de la Direction une campagne de dénigrement de notre travail dans les médias, montrant un mépris du personnel de la Fondation Vallée, une volonté de désinformation et/ou une méconnaissance totale de notre travail au quotidien. Non, nous n’avons pas « une organisation inscrite dans passé, qui reste très marquée par un concept ancien et une conception pyramidale » (d'après un article paru dans Hospimedia).

A la Fondation Vallée, nous travaillons dans de petites unités ultra spécialisées, nous connaissons bien notre travail et nos patients qui ont besoin d’avoir au quotidien des personnels connus, rassurants et contenants. En tiendra-t-on compte encore à l’avenir ?
De même, les activités et sorties thérapeutiques si nécessaires au soin des enfants pourront-elles continuer et se développer ? Puisque notre qualité de travail s’appuie sur une dimension psychothérapeutique au travers des médiations mais aussi au travers du travail relationnel, du travail formel et informel du quotidien. Nous continuons à mettre en pratique des outils variés et multiples, dont la Cure Institutionnelle mise en application par le Professeur Roger Misès issu du courant de la Psychothérapie Institutionnelle, basée sur une approche psychodynamique qui est riche, humaine, très précise, clinique et respectueuse des patients et de leur famille. Nous avons également d’autres instruments théoriques dont les approches éducatives et pédagogiques.
Nous sommes un des seuls établissements en France à avoir une école de l’Education Nationale au sein de notre hôpital !

Cela s’exprime notamment avec une pluridisciplinarité des équipes soignantes, dont on peut se demander si elle sera préservée et compatible avec la volonté d’économie budgétaire de nos dirigeants...

La Fondation Vallée est par ailleurs reconnue pour la qualité de ses formations, et nous accueillons de nombreux stagiaires, toutes professions médicales et paramédicales confondues. Les nouveaux soignants sont également formés grâce au tutorat de professionnels expérimentés. Ainsi, malgré la lourdeur du travail et les petits salaires de la fonction publique hospitalière, les soignants sont très impliqués et les équipes soudées.

Nous accueillons les enfants les plus malades, « les sans solutions » que le médico-social notamment ne peut pas accueillir. Non ! Nous ne voulons pas d’enfants sacrifiés sur l’autel de l’inclusion scolaire à tout prix car le milieu ordinaire scolaire ne peut malheureusement pas accueillir certains de nos patients. Cette démagogie est insupportable ! Il faut pour ces patients lourds des personnels spécialisés ! Et ils sont là, à la Fondation Vallée !

La dégradation de la santé mentale de nos enfants n’est pas une fatalité. Pour l’éviter et la prévenir, il nous faut des médecins à l’hôpital et en Centre Médico Psychologique, des cadres, des assistants sociaux, des administratifs, des infirmiers, des éducateurs, des aides-soignants, des orthophonistes, des psychologues, des psychomotriciens, des ouvriers à l’atelier, des jardiniers, des cuisiniers…

Tout cela a un coût évidemment et l’heure ne devrait pas être aux économies dans la santé mentale !

La direction a d’ailleurs clairement exprimé que cette fusion engendrerait des suppressions de postes. Nous sommes très inquiets quant à la qualité des soins que nous pourrons procurer à nos patients dans ces conditions.

Tous les personnels sont donc extrêmement mobilisés !
Nous souhaitons également faire appel aux familles, aux usagers pour que vous nous souteniez dans cette lutte, car vous êtes les premiers concernés.

Nous serons également mobilisés lors de la journée nationale de mobilisation le 8 avril à laquelle vous êtes invités à participer.

RDV Jeudi 8 Avril à 10H devant l’hôpital de la FONDATION VALLEE à Gentilly
AIDEZ-NOUS A SOIGNER VOS ENFANTS

Vous avez aussi la possibilité de signer une pétition : « NON à la fusion hospitalière de la Fondation Vallée avec Paul Guiraud ».

Lien de la pétition : http://bit.ly/fondationvallee

L’intersyndicale de la Fondation Vallée
fonda.mobilisee@gmail.com

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