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Billet de blog 19 février 2010

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Après le 22 bahman (11février), quel chemin vers Azadi*?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Immédiatement après le discours d’Ahmadinejad, les médias officiels ont crié leur victoire. Ali Khamenei qui, quelques jours auparavant avait défié les puissance occidentales en parlant de "La nation iranienne qui par son unité va infliger un camouflet", à son tour a salué "les dizaines de millions" d'Iraniens qui ont assisté à la grande manifestation de soutien au régime à l'occasion du 31e anniversaire de la Révolution islamique. Le 11 février, le pouvoir aurait remporté deux batailles, celle de la communication et celle de l’intimidation : beaucoup ne sont pas descendus dans la rue malgré des appels de l'opposition, beaucoup de verts, sur la place Azadi, n’ont pas pu s’exprimer au milieu des mercenaires et des bassij.

La victoire psychologique du régime sur l’opposition a provoquée une vague de critiques qui visent majoritairement l’organisation et les tactiques pour la manifestation du 22 Bahman. C'est cependant la décision de manifester sur le lieu même du rassemblement gouvernemental qui est la plus controversée : l'opposition espérait conjurer la présence massive de forces de l'ordre et des foules stipendiées par .

 

En outre, malgré la propagande - l’agence officielle qui a annoncé une participation de 5 million de personnes à la manifestation de Téhéran et 50 million dans tout le pays-, la journée du 11 février n’a pas vu le triomphe du pouvoir. Selon les prises de la place Azadi, jeudi matin, la foule n'a pas dépassé trois cent mille personnes et dans les rues adjacentes (environ 2500) montrent l'effort considérable du pouvoir pour assurer le spectacle de sa popularité.

 

» et pour cause : les agences de presse étrangères ont été invitées à ne pas quitter la tribune officielle qui leur était réservée, place Azadi, devant Ahmadinejad.

 

Que retiendra-t-on de la manifestation du 11 février dernier ? les masses rassemblées place Azadi? le dispositif de sécurité impressionnant ? le passage à tabac des Karoubi ? la manifestation alternative à Sadeghieh ? Avec le recul, on se rend compte que, contrairement à ce qu'avaient annoncé les uns et les autres : "journée décisive" pour l'opposition, "point final de la contestation" pour le pouvoir, l'histoire ne s'est pas répétée. Le mythe de la révolution de 1979 ne s'est révélé être qu'un rêve : ni le pouvoir, obligé de monter de toutes pièces son "triomphe", ni l'opposition, qui n'a pas réussi à mobiliser ses partisans, ne l'ont emporté jeudi dernier. Le régime reste profondément divisé. Quant à l'opposition, elle doit se reprendre et aller au-delà de manifestations vers des formes plus efficaces d'action pacifique.

 

* Azadi veut dire la liberté en persan. La tour Azadi, symbole de Téhéran, est située sur la place du même nom.

 

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