En s’appropriant un massacre, Daesh est gagnant. C’est toujours bon à prendre pour installer la terreur, c’est leur but.
En donnant raison au gouvernement français, Daesh est gagnant. Grâce aux mesures prises, la tension s’accroît dans la population, les clivages se creusent, la guerre redouble en interne et à l’extérieur.
En ce sens, nous faisons le jeu de Daesh.
Et les remises en causes des mesures prises par François Hollande n’avaient pas vraiment attendues la fin des trois jours de deuil pour commencer à se faire entendre.
Cette revendication arrive comme une preuve irréfutable et l’autorisation suprême d’avoir raison, et de continuer, même redoubler dans la paralysie du pays.
Mais, on peut imaginer la situation de François Hollande et du gouvernement si dans trois jours, l’enquête concluait à un non-terroriste, ce qui se faisait jour, d’ailleurs, jusqu’à l’annonce.
J’étais en train d’écrire, quand cette annonce, est tombée.
Alors tant pis pour moi. J’ose laisser la suite, malgré cette annonce, car pour moi, elle ne change rien.
CE N’ETAIT PAS UN TERORISTE. ET MAINTENANT ?
L’auteur du massacre de Nice n’était pas un terroriste, même s’il a semé la terreur.
Pour les 84 victimes, cela ne change rien.
Pour les survivants, les familles, les blessés, les rescapés marqués à vie, l’injustice est très certainement la même.
Mais pour eux, et pour nous tous, les conséquences de cette différence est très importante.
Pour que cela cesse, pour que la France retrouve le chemin de ce qui faisait sa force, il faut comprendre et admettre cette différence.
Voir dans le choix d’un camion, une arme proposée par Daesh. Avant cela, cet homme était juste chauffeur de camion.
Et voir dans la 14 juillet, date choisie par cet homme, un choix dicté par Daesh pour atteindre la France dans son ADN, me paraît être une approche très partisane.
Cela peut aussi être simplement un 14 juillet avec un feu d’artifice qui allait réunir les familles, les enfants. Tout ce que cet homme avait perdu. Ce contexte peut, d’après les informations données sur sa personnalité, avoir été le détonateur de sa folie.
On ne combat de la même façon le terrorisme fanatique d’une organisation comme Daesh et l’acte d’un désespéré, parmi tant d’autres, à qui la société a retiré tout espoir.
C’est un constat, pas une justification.
Il faut mener les deux combats, mais tant que le désespoir ne sera pas endigué, le fanatisme ne cèdera pas.
Et ce n’est pas l’état d’urgence, ni notre premier ministre qui le fera céder.
Pour le moment, et dans ces deux guerres, ce sont les citoyens qui dé-cèdent.
Plutôt que de ne pas céder dans la défense, il faudrait peut-être intégrer un peu de stratégie.
Et pour faire de la stratégie, il faut d’abord bien comprendre les processus qui soutiennent l’ennemi.
Mais maintenant que nous savons que la France n’a pas fait l’objet d’une nouvelle attaque terroriste, alors même que nous étions en état d’urgence, qu’allons-nous faire des mesures prises par notre Président et son gouvernement ?
La prolongation de l’état d’urgence : outre son inefficacité, ses nombreuses dérives arbitraires, cette mesure a un coût.
Les forces de l’ordre n’en peuvent plus. Elles ont besoin d’un répit et peut-être d’une réorganisation, si l’on se réfère aux différents rapports émergent.
Elles ont besoin de reprendre des forces, car, en effet, nous n’en n’avons certainement pas fini avec le vrai terrorisme.
Quant à l’appel aux réservistes, c’est pour qu’ils soulagent les professionnels épuisés ?
En réalité, l’état appelle à la rescousse les citoyens sous tous leurs engagements (bénévoles, associations, la solidarité) pour pallier à ses incompétences et à son inorganisation.
Mais tout cela, c’est avec nos impôts.
Il serait peut-être aussi intéressant de prendre en compte les conséquences de la prolongation d’un état d’urgence annoncé en plein mois de juillet, pour le secteur du tourisme en France.
Là, ce ne sont pas les grèves et les manifestations qui vont plomber un secteur déjà très fragilisé.
Et j’aurai osé terminer mon propos par une interrogation : Sommes-nous d’accord pour laisser faire ?
Socialement et budgétairement, les enjeux sont chers.
Notre pays n’a pas besoin de cela.
Il a besoin de reconstruire des bases.