Ecrémage chez les chiites libanais du Golfe

 

Dans les pays (sunnites) du Golfe, tout est bon pour affaiblir le Hezbollah. Nouvelle méthode en date : tarir la source de ses financements...à la source.

 

C'est en tout cas ce qui semble expliquer la soudaine curée chez les hommes d'affaires libanais chiites employés dans les Emirats. Renvoyés par dizaines depuis le mois de septembre, sans justification plausible, ces nouveaux chômeurs ont dû rentrer au Liban, car sans travail, pas de visa de travail, et sans visa de travail, ...rien.

 

Par cette manoeuvre, les autorités émiratis espèrent sans doute planter une épine dans le pied de la milice chiite-islamiste en réduisant (substantiellement ?) ses revenus. Une vaste opération de démantèlement des réseaux de financement et de soutien au Hezbollah, donc. Tant pis si par souci d'efficacité, il faut ratisser large.

 

En effet, plus de 100.000 libanais travaillent dans les Emirats, et, parmi eux, des dizaines sont chiites. Il paraît donc peu probable que, parmi tous les expulsés de ces dernières semaines, tous aient été affiliés au Hezbollah d'une façon ou d'une autre.

 

L'affaire s'est d'ailleurs transformée en affaire d'Etat. Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, lui-même de confession chiite, s'est rendu la semaine dernière aux EAU plaider la cause des hommes d'affaires fraichement remerciés.

 

Les autorités des EAU ont officiellement rassuré Berri, en certifiant que ces mesures n'étaient absolument pas dirigées contre (je cite) « une communauté, une nationalité ou une confession particulière ». Mais sous la langue de bois, le message officieux est clair : il n'y a pas de droit des étrangers qui vaille quand le Hezbollah est dans la ligne de mire.

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