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Billet de blog 27 décembre 2009

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Un convoi pour Gaza

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

« Retour à Gaza » pour nom de code, quelques caisses de médicaments dans la poche et les voilà en route pour une nouvelle croisade. L'association Viva Palestina doit aujourd'hui même tenter d'entrer dans Gaza à la frontière de Rafah, en Egypte, avec quelques deux cents volontaires motivés et 86 véhicules de toutes tailles. Et ce à l'occasion de la date anniversaire des bombardements israéliens sur Gaza, qui, le 27 décembre de l'année dernière, avaient fait 1400 morts côté palestinien (et 600.000 tonnes de décombres en trois semaines).

L'histoire de ce convoi commence à Londres, début janvier 2009, une semaine après le début de l'Opération « Plomb durci », quand le député britannique George Galloway décide d'envoyer un convoi d'aide médicale à Gaza qu'il gagnera, depuis Londres, par les voies terrestre et maritime. L'idée rassemble suffisamment pour faire un peu de bruit, les volontaires sont au rendez-vous et malgré l'attente de plusieurs jours à l'ultime frontière, les résultats sont un succès pour Viva Palestina. Si le matériel chirurgical, les fauteuils roulants et les médicaments visent à pallier les lourdes conséquences des bombardements sur le système de santé de Gaza, les convois, eux, cherchent à dénoncer les effets du blocus imposé par Israel comme représailles après l'élection du Hamas en 2006.

Etudiants, chômeurs, activistes, enseignants, techniciens, coiffeurs, chauffeurs de taxi : d'après Joti Brar, elle-même membre du convoi, et, par ailleurs, activiste communiste engagée, l'hétérogène bande de volontaires a en commun « des idéaux de justice sociale et d'humanité, pas un agenda politique ». Jointe par téléphone alors qu'elle s'apprêtait à passer la frontière syro-jordanienne, la dynamique citoyenne britannique m'a éclairée sur le parcours et les motivations de l'association qu'elle défend avec chaleur.

Si en Europe de l'Est, « personne ne (les) a remarqué », depuis la traversée de la Turquie, l'équipée a pris de la bouteille. « On a eu droit à un accueil complètement différent, des gens nous attendaient sur la route pour nous voir passer, on nous offrait le logis et le couvert dans des ONG...c'était très encourageant » raconte Joti, enthousiasmée. D'autant plus encourageant que les rangs n'ont cessé de grossir. D'abord en Belgique où quelques voitures se sont additionnées aux troupes initiales, mais surtout en Turquie où 60 véhicules de volontaires américains attendaient le convoi.

Ce sont donc des volontaires gonflés à bloc qui s'apprêtent à pénétrer Gaza ce dimanche. Motivés comme jamais, à cause de la date anniversaire, et surtout, « parce qu'ils savent qu'on arrive. On est attendu ».

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