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Billet de blog 6 juillet 2014

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Ecologie : un cinquième rapport du GIEC alarmant

Déclaration de la Commission exécutive du SNPTAS-CGT, premier syndicat des ministères de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et du Logement et de l’Égalité des territoires.

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Déclaration de la Commission exécutive du SNPTAS-CGT, premier syndicat des ministères de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et du Logement et de l’Égalité des territoires.
La Commission exécutive du SNPTAS-CGT a pris connaissance du cinquième rapport d’évaluation du GIEC sur les « Changements climatiques 2014- Impacts, vulnérabilité et adaptation ».

Le GIEC note que « dans de nombreuses régions, la modification du schéma des précipitations ou la fonte des neiges et des glaces modifient les systèmes hydrauliques qui affectent les ressources en eau en termes de quantité et qualité.

De nombreuses espèces terrestres, d’eau douce et marines modifient leurs aires de répartition, leurs activités saisonnières, leurs schémas de migration, leur abondance et les interactions entre espèces en réponse au changement climatique en cours.

En se basant sur de nombreuses études couvrant beaucoup de régions et de cultures, des impacts négatifs sur le rendement des cultures ont été plus fréquemment observés que des impacts positifs.

À l’heure actuelle, le fardeau mondial des maladies humaines provoqué par le changement climatique est relativement faible en comparaison des effets des autres facteurs et reste mal quantifié. Les différences de vulnérabilité et d’exposition résultent de facteurs de stress non climatique et d’inégalités multidimensionnelles souvent produits par des processus de développement inégal. Ces différences déterminent des risques différentiels au changement climatique.

Les impacts d’événements extrêmes survenus récemment, tels que vagues de chaleur, inondations, cyclones et feux de forêt, mettent en évidence la vulnérabilité importante et l’exposition de certains écosystèmes et de nombreux systèmes humains à la variabilité climatique actuelle.

Les dangers liés au climat exacerbent d’autres facteurs de stress, souvent avec des retombées négatives sur les moyens de subsistances, en particulier pour les populations vivant dans la pauvreté ; les conflits violents augmentent fortement la vulnérabilité au changement climatique. »

Le syndicat national des personnels techniques, administratifs et de service, du ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie prend ce rapport au sérieux et considère que les populations seront de plus en plus confrontées à l’impact du changement climatique. La France et l’Europe n’échapperont pas à de nombreuses modifications. Pour s’y adapter, des décisions, des modes de gouvernement, des politiques d’une complexité sans précédent devront être mises en œuvre qui impliquent des outils démocratiques et administratifs adéquats. Un saut qualitatif de démocratie dans les domaines politique, social et environnemental s’avère indispensable, aucune adaptation ne se fera sans la participation active des citoyens et des populations. Dans son résumé pour les décideurs, le GIEC souligne en effet : « L’intensification des efforts en vue d’atténuer les effets du changement climatique et de s’adapter passe par une complexité accrue des interactions, en particulier dans les domaines qui concernent l’eau, l’énergie, l’exploitation des terres et la biodiversité, cependant les outils pour comprendre et gérer ces interactions restent limités. »

Le rôle du ministère de l’Écologie du développement durable et de l’Énergie, et du ministère du Logement et de l’Égalité des territoires, est de promouvoir et développer sur tout le territoire national, en interaction avec l’Union européenne, aussi bien pour la recherche, les études que leur mise en œuvre dans les territoires. S’agissant des conditions, voire des possibilités de vie pour les humains, du maintien de la biodiversité, des écosystèmes, de la biosphère, en raison de la rapidité des changements, de l’inertie de la résilience, il y a urgence. Comprendre et gérer les interactions complexes doit être une des toutes premières priorités des gouvernements à tous les niveaux territoriaux et institutionnels- local, national, européen et mondial. À la veille de la réunion de la conférence mondiale sur le climat à Paris en décembre 2015, la responsabilité du gouvernement français et de son exemplarité dans la lutte contre le changement climatique est engagée.

Les sociétés occidentales sont confrontées à une triple conjonction : une crise du capitalisme avec ses répercutions économiques, sociales et politiques ; la limite des ressources naturelles et la crise climatique ; une démographie mondiale qui continue à croître alors que les ressources naturelles sont limitées et font l’objet d’une nouvelle allocation dans laquelle les pays émergents et du tiers monde veulent leur part. Dans ces conditions, il est indispensable de mettre en œuvre d’autres modes de production et de consommation qui ne peuvent être laissés au marché et à la recherche maximum et immédiate de profits dans le cadre d’un système capitaliste prédateur des ressources naturelles et humaines. La compétitivité et la concurrence systématique de tous contre tous, s’oppose de façon irrémédiable à la compréhension des interactions, à l’approche systémique et aux coopérations indispensables pour s’adapter aux changements climatiques déjà en cours.

Or, l’organisation du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et du ministère du Logement et de l’Égalité des territoires et les moyens dont ils disposent, comme les politiques publiques mises en œuvre ne répondent pas aux défis que pose le changement climatique.

Prenant en compte le 5e rapport du GIEC, le MEDDE devrait être un ministère prioritaire et considéré comme tel lors des votes des lois de finances et de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques.

En ce qui concerne l’organisation des ministères, la segmentation des responsabilités dans les services de l’État avec la multiplication des agences qui ont plus tendance à rivaliser qu’à coopérer, la disparation programmée des services techniques de l’État dans les départements, voire dans les régions, la diminution aveugle des effectifs de personnel et des moyens des services, sans tenir compte des missions de service public empêchent toute approche globale et systémique prenant en compte les interactions dans les changements en cours. Même avec une volonté politique affirmée, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, la multiplication des agences et l’externalisation des missions de service public n’aboutissent qu’à des actions en silo, sans transversalité. De plus, les réformes institutionnelles en cours dans notre pays semblent s’appuyer sur un mode de gestion de type « territoire entreprise » répondant aux objectifs de compétitivité et de profits. Ces réformes, par leur caractère essentiellement comptable (diminution des dépenses publiques) et politicien, sans vision et sans cohérence accentuent la segmentation de territoires et des décisions, comme si les pollutions n’étaient que des questions locales.

Par ailleurs les politiques publiques sont beaucoup trop erratiques comme le démontrent les palinodies sur l’écotaxe. Les politiques vis-à-vis des personnels, avec les réductions aveugles d’effectifs et de moyens qui dégradent les conditions de travail et augmentent le stress des agents, une politique salariale et d’attribution des primes qui frôle le mépris kafkaïen, des priorités et des missions mal définies ou abandonnées sans se soucier du devenir des agents concernés, une formation continue insuffisante, sont les signes d’une incompréhension des enjeux.

La Défense le 3 juillet 2014

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