Un projet imbécile

Une communauté de communes, emmenée par un roitelet de droite veut bâtir une micro centrale électrique (Fabrice Nicolino, dans Charlie Hebdo)

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Imaginez un élu aux dents longues, de la même clique et du même acabit, mais en plus petit, que Wauquiez. Ce président de communauté de communes est consultant en ingénierie, études techniques. Son épouse est gérante unique de sociétés exploitant des micro centrales électriques.

Cet élu fait voter par la communauté de communes un projet de micro centrale électrique.

Dans un site classé, en zone Natura 2000, sur une rivière remarquable pour sa qualité écologique, qui alimente l'Allier.

L'étude technico-économique, faite par la même société, la Cegelec, qui va par la suite réaliser les travaux,  établit évidemment que le projet est rentable.

Aussitôt, avant même que toutes les autorisations aient été demandées ou accordées, les travaux démarrent, laissant de coté d'autres projets tels que, par exemple, une construction de piscine dans le bourg voisin prévue de longue date.

 

Tout est légal.

En France, les conflits d'intérêt sont légaux.

Dont acte.

 

Sauf que :

  • Les documents – publics - relatifs à ce projet n'ont été obtenus qu'au compte goutte et difficilement. L'étude technico-économique reste à ce jour inaccessible. La CADA est saisie, mais elle est débordée par les demandes. Seules les conclusions de cette étude sont publiées.

  • Les résultats de cette étude, bien entendu favorables au projet (un semblant de démocratie existe toujours : il faut bien convaincre les conseillers) se trouvent être grossièrement faux, tant au niveau des coûts largement sous évalués que des recettes largement sur évaluées. A tel point qu'un calcul élémentaire, lié aux débits de la rivière fait passer le temps de retour sur investissement de 10 à plus de 25 ans. Pour le même coût (plus de 1 million d'euros), une éolienne fournit 19 fois plus d'énergie.

  • Aucune étude d'impact environnemental n'est lancée. Des espèces protégées sont ignorées (lamproie de Planer, Chabot). Les frayères et le ruisseau les abritant sont détruits.

  • Le Conservatoire national du saumon sauvage, créé en pour aider la Loire et l'Allier à retrouver leur population d'antan en saumons et situé 1 km en aval se trouve directement menacé.

  • Ce projet imbécile va à l'encontre de tout ce qui est mis en place, progressivement, tout au long de la Loire et de l'Allier : arasement de barrages ou de seuils, suppression d'obstacles dans le lit des rivières, bref, ce qu'on appelle la continuité écologique.

  • Les travaux sont lancés sans aucune information sérieuse des riverains et sans information des habitants. Ne parlons pas de concertation, un gros mot. Et curieusement, ces travaux sont lancés avec une précipitation suspecte. Des accords (on imagine facilement de quoi il s'agit) sont passés avec les quelques exploitants agricoles propriétaires ou exploitant les terrains riverains pour laisser passer les engins et effectuer les travaux. Les autres propriétaires riverains sont ignorés et découvrent parfois qu'ils ne peuvent plus entrer chez eux.

  • Les bases légales (droit d'eau) sont d'une fragilité extrême.

  • Les divers services de l'Etat en charge de faire respecter le droit et les règles environnementales les ignorent superbement et agissent comme s'ils étaient au service de l'élu.

     

Résultat :

 

  • Une partie de la population se rebelle et, soutenue par la mairie et diverses associations – locale, de pêche, environnementales - réalise banderoles, tracts, pétitions, lien Facebook, appel à dons en ligne et autres actions sur les marchés locaux ou à venir.

     

    Pétition : https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/nonalamicrocentralesurladesgesachan-1848.html

    Dons en ligne : Ici.

    Dossier explicatif : Ici

     

    Et ceci en attendant la saisie du tribunal administratif. Corinne Lepage a accepté de défendre le dossier. Car au delà du seul cas de cette petite commune, ce projet, s'il est mis en place, ouvrirait la porte au bétonnage final de toutes les petites rivières de France. Pour, au mieux fournir en électricité un pourcentage négligeable des énergies renouvelables indispensables à venir. Avec un impact environnemental inacceptable.

     

     

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