aujourd’hui 13 mars 2020.
en pleine crise. nous sommes en crise depuis longtemps, mais maintenant il y a quelque chose qui bouleverse suffisamment notre système et notre économie pour que peut-être les choses puissent vraiment changer – (est-ce réellement possible compte-tenu du verrouillage de celles et ceux qui tiennent le monde entre leurs argents ?) – au lieu de préserver un système ancien, il serait enthousiasmant pour beaucoup de sauter à pieds joints dans une nouvelle organisation de société. il n’y a pas si longtemps, les hôpitaux publics exprimaient les manques de moyens et la détresse des personnels. le président les remercie aujourd’hui…
il parle aussi d’autonomie.
depuis l’école, je ne comprends pas comment notre monde fonctionne. il m’a toujours paru éloigné des évidences. mais le bon sens, comme la vérité, n’est pas le même pour chacun. enfant, j’ai senti le monde. j’ai senti l’océan, la montagne, l’aube, la forêt. J’ai senti que quelque chose n’était pas cohérent avec le fonctionnement du monde. l’école qui assoit les enfants, les formant pour servir ce modèle économique là. ceux et celles qui feront partis des « dirigeants » et les autres. et celles et ceux qui tentent de préserver une part de liberté. évidemment, l’école n’est pas « que » éloignée de la vie, on y trouve des espaces neutres et constructifs de l’individu. on y trouve des « enseignants » qui donnent envie, qui « aiment ».
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l’on pourrait penser autrement le collectif. en faisant confiance à l’intelligence collective. hier j’entendais à la radio « laissez faire ceux qui savent, les scientifiques. » bien sûr, dans certains cas, mais ce manque d’ouverture est un mur. une rigidité que rien, a priori, ne peut adoucir. les scientifiques ne sont pas les seuls à détenir un savoir. dans le langage je voudrais sentir cette ouverture, cette possibilité, cette flexibilité, cette écoute.
j’étais attirée par la matière, par le bois. en entrant aux cours du soir des beaux-arts, je voulais faire de la sculpture sur bois. il n’y avait pas de lieu ou apprendre. il fallait « faire contemporain ». aux beaux-arts et en exposant, je me suis ennuyé. je ne comprenais pas quelque chose. mon corps ne comprenais pas cette sorte de piétinement devant une « oeuvre ». je suis allée vers la vidéo, les performances. j’ai fait un potager dans le jardin en friche de l’annexe de l’école. je ne sais pas vraiment si mes professeurs l’ont su. j’ai accroché des plantes pour les faire sécher dans le lieu où j’habitais. j’écrivais des histoires d’enfants qui n’allaient plus à l’école. je lisais « les enfants libres de sommerhill ». j’ai continué vers le spectacle vivant. j’ai dansé. je dansai dehors, sans public. autour de 2005/2006, lors d’un voyage en islande j’ai écrit « les essentiels » : boire, manger, s’abriter, se vêtir, aimer. mes danses en robe rouge et en improvisation avaient cet esprit là.
aujourd’hui, au lieu de soutenir les entreprises de l’ancien monde et les emplois inutiles, le moment de renverser tout. du revenu universel, du soutien à l’agriculture raisonnée, biologique, non intensive, les fermes de proximité, les initiatives citoyennes. gérer les ressources en fonctions des besoins vitaux et non en fonction de l’économie. le terme de croissance ne veut rien dire. une croissance n’est pas infinie. elle doit s’arrêter à un moment.
quelle est la situation, réellement. à qui vont les fonds ? la recherche d’un vaccin ? les scientifiques « qui savent » à notre secours ? quelle économie le gouvernement veut-il aider ? je rêve l’intelligence d’un gouvernement qui initierai un changement fondamental.
les essentiels à la base du monde. ce qui fait que nous sommes vivants : manger, boire, dormir, aimer, être ensemble, s’abriter, se vêtir. savoir faire. savoir fabriquer, échanger. chanter, danser, faire de la musique. ce n’est pas un retour en arrière : c’est un bon en avant.
comment est configuré l'esprit de ceux, celles qui sont perchés dans le profit. quelle est leur vision du monde ? où est le vivant en eux ?