Libé, zone de guerre ?

Cher Nicolas Demorand,

Depuis hier on vous voit, on vous entend, on vous lis dans tous les médias à propos du tireur de Libé.
Certes c'est une atteinte à la Presse.
Certes c'est consternant pour la famille du jeune photographe de mode.

De là à dire que c'est la guerre civile à Paris, que la presse est menacée dans son ensemble, que les journalistes "carte orange" et les présentateurs de JT risquent leur vie pour nous informer, ne trouvez-vous pas cela un tantinet éxagéré ?

Un dingue a braqué BFM et tiré à Libé, vraissemblablement le même : même morphologie, même arme, même munitions déposées dans le premier cas, utilisées dans le second. Il a été suivi à vue par les caméras de vidéosurveillance et se fera bien arrêté dans les heures ou les jours qui suivent vu le dispositif mis en place comprenant même des hélicoptères et à peu près tout ce que la maison poulage compte de flics...
Son signalement s'étale dans toute la presse.

Pendant ce temps là, des journalistes, free-lance et payés au lance-pierre par à peu près toute la presse écrite, télé et radio, couvrent des zones de guerre, des vraies, pour alimenter vos colonnes...
Ceux-là descendants de Jack London, risquent et parfois perdent effectivement la vie, loin de votre confortable bureau où vous écrivez vos éditos et dirigez le journal. 

Ceux-là ne se contentent pas de commenter la dernière chute de François Hollande dans les sondages et d'avoir une concience anti-raciste qui ressurgit avec la une de Minute...
La décence voudrait que vous parliez d'eux en parlant de guerre contre la presse.

Pas d'un dingue recherché par toutes les polices de Paris...

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