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Billet de blog 22 févr. 2014

Faudra-t-il porter une soutane pour faire valoir son droit à manifester?

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Faudra-t-il porter une soutane pour pouvoir faire respecter son droit de manifester et être entendu du gouvernement? Ce 22 février, la manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame des Landes qui regroupait plusieurs dizaines de milliers de personnes s'est heurtée à ce qui n'est rien de moins qu'un sabotage de la part du préfet de la Loire Atlantique. Quelques heures seulement avant le début de la manifestation, la préfecture décidait unilatéralement d'interdire l'accès du cours des Cinquante Otages aux manifestants, une large avenue qui est traditionnellement empruntée par les manifestations dans le chef lieu de la Loire atlantique. Lorsque la tête de la manifestation est arrivée à la hauteur du cours des Cinquante Otages, elle s'est donc  trouvée devant un barrage policier impressionnant. Quelques manifestants ont invectivé les policiers qui ont presque immédiatement répliqué en lançant suffisamment de bombes lacrymogènes pour que l'atmosphère devienne irrespirable, ainsi que des grenades assourdissantes pour donner à l'incident un petit parfum  d'émeute urbaine. Du coup l'endroit est devenu un point de fixation, d'autant que les jets de grenades lacrymogènes, intenses à certains moments sans que l'on sache pourquoi, s'arrêtaient de façon tout aussi étonnante, pour reprendre quelques minutes plus tard. La police maintenait à l'évidence la tension. Du coup, la manifestation s'est arrêtée là, se terminant en quelque sorte en queue de poisson. Ce qui permettra au préfet de faire rapidement le communiqué suivant : " La fête est gâchée, les organisateurs sont débordés par la frange radicale sur laquelle ils s'appuient depuis le début de ce mouvement". Ce qui est, on l'admettra volontiers, du grand art : sembler regretter que la manifestation ne soit pas allée à son terme ("la fête est gâchée...") feindre que les organisateurs de la manifestation aient été débordés, alors qu'il n'y a eu qu'un lieu, fort retreint, d'affrontement entre quelques manifestants et une police qui maîtrisait parfaitement la situation, mais qui a fait tout pour que cela dure. Et tout cela parce que le préfet avait interdit, quelques heures seulement avant sa tenue, à une manifestation d'emprunter un axe urbain lourd de symboles. M. Christian Galliard de Lavernée, dont le nom est déjà tout un programme, préfet de Loire atlantique a, en ce 22 février 2012, bien mérité de Valls, Valls de Ayrault, et Ayrault de Hollande. 

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